Le dernier film de Philippe Guillard « Pour l'honneur », avec Olivier Marchal, a Meymac et la Corrèze pour décor
« Moteur demandé, ça tourne, action ! ». Les joueurs des deux équipes sont en place. Une touche se prépare. « Saute ! Alignez-vous ! Monte, monte, monte, elle est pour toi ! ». « Coupez ! » Ce mercredi 24 août sur le stade de Meymac, par 30 degrés, une drôle de scène se joue. Celle d’un match de rugby de nos campagnes comme on en voit tous les dimanches entre deux équipes de village. Mais celui-ci est filmé par les caméras du réalisateur Philippe Guillard, lui-même ancien joueur de haut niveau.
Avec Olivier MarchalL’entraîneur de l’équipe de Tourtour, c’est Olivier Marchal alias Marco Bianchoni. Il est secondé par Mathieu Madenian qui joue un assistant coach haut en couleur. Depuis le bord du terrain, les deux hommes crient leurs consignes à leurs joueurs. Une scène répétée plusieurs fois par un soleil de plomb. Les figurants meymacois, qui jouent les supporters, sont préservés de la chaleur et ramenés dans un coin d’ombre.
Une journée stressantePhilippe Guillard, lui, est en « grand stress ». C’est une journée importante, la première où il tourne un match. Ancien professionnel, il a le souci du réalisme : « Les vrais joueurs ne me pardonneront pas si ça ne fait pas vrai ».
Ancien joueur professionnel, Philippe Guillard a le souci du réalisme dans les phases de jeu Les délais sont serrés. « On tourne sur un jour ce que l’on devrait faire sur 2 », glisse-t-il lors d’un changement de plateau. Autour de lui, une ruche s’anime. Cameramen, preneurs de sons, assistants divers et variés, régisseur, producteur…
Depuis mi-juillet que l’équipe du film Pour l’honneur a posé ses valises à Meymac, ce sont environ 150 personnes de la production qui animent le village. Tournage dans les rues, sur la place, dans l’église, dans l’Hôtel Le Limousin… la bande de Philippe Guillard a su se faire adopter des Meymacois. Et inversement.
On quitte cette ville le coeur gros
« On quitte cette ville le cœur gros. C’est comme une colo de vacances », assure le réalisateur qui a trouvé ici le cadre rêvé à son histoire d’intégration de demandeurs d’asile par le rugby sur fond de guerre de clochers.
Le réalisateur avait déjà tourné avec Olivier Marchal dans Le Fils à Jo en 2011
Olivier Marchal fait lui aussi une pause, transpirant dans son survêt bleu d’entraîneur mais il est ravi. « J’adore cette ambiance, confie l’acteur. On a fait deux ou trois fêtes de village..., alors ça noue des liens. C’est un plaisir de faire participer les gens à notre aventure ».
La Corrèze est pour lui une vraie découverte dont il garde aussi quelques traces physiques. « J’ai pris 4 kilos en trois semaines. J’attaque le régime dès dimanche et je me mets à la diète complète », sourit-il. L’acteur a profité de son séjour pour arpenter et apprécier le plateau de Millevaches à moto.Olivier Marchal a découvert la Corrèze et ses habitants au cours de son séjour haut-corrézien d'un mois. Il a fait connaissance avec un petit fan club composé de quelques meymacoises "très touchantes".
Un entraîneur ronchon mais sympathiqueQuant à son rôle, c’est celui « d’un vieil entraîneur ronchon et sympathique d’une équipe de bras cassés ». Marco Bianchoni et son épouse (Olivia Bonamy) accueillent dans leur hôtel Le Refuge des demandeurs d’asile. Lui voit en eux de potentiels joueurs pour son équipe qui enchaîne les défaites. Il les initie à la culture du rugby. « C’est un joli conte, je ne sais pas si dans la vie c’est comme ça », doute-t-il. Tolérance, intégration, solidarité, camaraderie… sont les ingrédients de ce film chers à Philippe Guillard qui avait connu le succès avec Le fils à Jo en 2011, avec déjà... Olivier Marchal. Les caméras ont quitté Meymac, vendredi et le calme est revenu. Mais la Corrèze n’en a pas fini avec le tournage. L’équipe s’installe pour 15 jours autour de Brive où le terrain de Dampniat sera cette fois à l’honneur.
L'histoire. Tourtour est un village en décroissance avec une équipe de rugby qui perd tous ses matches tandis que le village voisin est plutôt sur une bonne pente. Arrivent des demandeurs d’asile dont le centre d’accueil a brûlé. Le couple joué par Olivier Marchal et Olivia Bonamy décide de les accueillir dans leur hôtel. Commence une intégration rendue possible par les valeurs du rugby. « Et le regard des villageois va changer. Cela va se traduire par le derby avec le village d’en face, complète le producteur. Un film sur le vivre ensemble qui dénonce le racisme ordinaire. Une comédie avec beaucoup d’humanité », explique le producteur. La sortie est prévue en avril 2023
Texte : Laetitia Soulier
Photos : Agnès Gaudin