En Creuse, les consommateurs vont-ils se mettre à cuisiner les micro-pousses ?
La Grande rue de Guéret accueille, depuis plusieurs mois, une des facettes de la culture asiatique. Il n’est pas ici question de restauration mais plutôt d’alimentation saine à base de... micro-pousses.
Ce terme n’est pas encore connu du grand public. Rheine Magoutier espère ainsi, avec sa boutique Urban Frais, apprendre aux Creusois ce nouveau mode de consommation d’aliments. « C’est très développé en Asie depuis plusieurs années dans de nombreuses salades mais aussi dans quelques grandes villes de France. J’ai donc décidé de lancer ma boutique pour faire connaître le principe des micro-pousses. »
Un bon compromis pour l’apport nutritionnelArchitecte d’intérieur de formation, la néo-Guérétoise reproduit aujourd’hui ce qu’elle a réalisé pendant trois ans en Indonésie avec la culture de ces pousses de légumes.
« Le concept est assez simple, on coupe la pousse entre dix et vingt-cinq jours après le début de la croissance. Cela dépend des variétés mais il faut intervenir avant que l’aliment ne commence à prendre forme. »
Et ces plants sont cultivés avec du terreau à base de fibre de coco pour garder un aspect « bio ». Mais, alors, quel est l’intérêt de stopper cette croissance et de ne même pas avoir un aliment physiquement développé ? Pour Rheine Magoutier, la réponse se trouve dans les apports nutritionnels. « Les micro-pousses peuvent contenir jusqu’à quarante fois plus de nutriments qu’un légume développé. C’est le même goût mais différent au niveau de l’apport. »
Avec plus vingt-cinq variétés dont notamment du radis, du chou rouge, de la betterave ou bien encore de la roquette, il y en a pour tous les goûts et les estomacs. En effet, les micro-pousses sont aussi beaucoup utilisées pour conserver une certaine hygiène de vie et prévenir certains problèmes de santé. « Beaucoup de sportifs s’y intéressent car ça leur apporte l’énergie nécessaire, notamment pour les sports de combat. »
Des restaurateurs et clients conquisPionnier de la micro-pousse sur le territoire creusois, Urban Frais semble déjà avoir trouvé son public. Outre la clientèle de particuliers, les restaurateurs semblent, eux aussi, séduits. « Plusieurs restaurants de Creuse m’ont déjà contactée pour se renseigner car ça se développe de plus en plus dans leur milieu. Avant, on mettait une micro-pousse dans l’assiette juste pour l’esthétique, mais, maintenant, le goût est aussi pris en compte. »Sur le site internet de sa boutique, Rheine Magoutier propose ainsi des recettes de grands chefs pour cuisiner ces petits aliments et les manger autrement que crus.
De plus, elle n’hésite pas à publier des photos et vidéos sur les réseaux sociaux pour toucher tous les publics. « Il faut arriver à éduquer tout le monde sur ce nouveau concept pour, finalement, un peu changer les habitudes d’alimentation. »
Retrouvez Urban frais sur Facebook (@urbanfrais) et sur son site internet urbanfrais.fr
Photos : Bruno Barlier
Texte : Alix Vermande