Chez Flunch, le moral des salariés flanche
« Après étude de toutes les solutions possibles, notamment de cession, ces restaurants vont définitivement fermer et ne rouvriront pas. » 39 restaurants Flunch fermeront « définitivement », a annoncé, vendredi 2 juillet, la direction de Flunch. Une douche froide pour les salariés, alors que les vacances d’été débutent.
« Pour ces magasins, il n’y a plus de possibilités de reprise, de passage en franchise, etc. Les premières lettres de licenciement vont partir après le 15 août », soupire Didier Bourotte, représentant syndical CGT au sein de l’enseigne. Le représentant syndical, voit dans ces fermetures un gâchis. « La direction avance comme motif la perte de chiffre d’affaires, significative depuis plusieurs années ; la commercialité des zones où sont implantés les restaurants qui s e ra i t e n berne et l’augmentation de la concurrence. Mais quand on regarde plus précisément, on s’aperçoit que le problème de fond, c’est que l’enseigne n’est plus attractive : les tournants du bio et du local n’ont pas été pris ; remettre un coup de jeune sur la déco du magasin, investir dans le digital, tout cela n’a pas été fait. Le concept n’est plus dans l’ère du temps et c’est bien là le principal problème. »
« Je pensais avoir encore un an »Entre 800 et 900 salariés sont concernés par ces 39 fermetures. À Nevers, Aurélie Chatellier fait partie des 23 personnes touchées. Employée polyvalente au restaurant Flunch de Nevers depuis dix-huit ans, elle ne s’attendait pas à ce que le couperet tombe si vite. « Je pensais avoir encore un an, même si on voyait bien qu’il n’y avait plus autant de clients qu’avant et que le concept même de cafétéria ne plaît plus comme par le passé », dit celle qui aimerait, aujourd’hui, se reconvertir dans le domaine de la restauration scolaire.
« Ils (NDLR, la direction) ont gardé le même système qu’il y a trente ans, sauf que la société évolue et n’a plus les mêmes envies », enrage son collègue, Cyril Alluchon, 40 ans, dont près de la moitié passée chez Flunch à Nevers. Y aura-t-il d’autres fermetures, outre ces 39 magasins ? Possible, car le plan de sauvegarde de l’emploi porte sur 57 établissements au total.
Né en 1971 et appartenant à la constellation d’entreprises du groupe Mulliez, Flunch revendiquait 55 millions de clients servis par an avant le Covid , avant d’avoir vu son chiffre d’affaires s’effondrer de 212 millions d’euros en 2020 (-57 %).
Nicolas Faucon