Le centre d'art contemporain de Meymac (Corrèze) nous emmène en vacances
Il ne faut pas le rater, planté en haut d’un mur, entre des peintures à la précision toute photographique et les grosses installations en plastique gonflées à souhait : un chapeau de paille peint à la feuille d’or.
L‘exposition estivale proposée, à compter de demain, au centre d’art contemporain-abbaye Saint-André de Meymac est tout entière à son image, pleine de surprises et de symboles, qui nous rappellent nos souvenirs de vacances et nous donnent une furieuse envie de larguer les amarres !
Rien que le soleil, les plaisirs de la plage, la détente entre amis ; rien qu’une pause, ludique et poétique, un brin nostalgique parfois, hors du temps.
27 artistes à l'heure d'été« Après la période de confinement lourde que nous venons de vivre et plusieurs cycles d’exposition ayant traité de phénomènes transversaux de société, nous avons eu envie d’aller au café, de danser, de faire du camping… Envie de quelque chose de joyeux », explique Caroline Bissière, la directrice du CAC de Meymac.
Cette exposition marque un retour à la vie et aux vacances, c’est une grande ouverture. Mais le monde reste très circonscrit, on ne va pas aller chercher des choses extraordinaires.
Déclinaisons des plaisirs des vacancesÀ défaut d’être extraordinaires, les peintures, majoritaires dans cette exposition, les photos, les installations et les quelques vidéos sont toutes pleines de fraîcheur et de couleurs, parfois pop, parfois rétro.
À l’exemple des toiles acidulées, quasi fluorescentes de Marion Charlet, des deux tableaux du très Corrézien Olivier Masmonteil, paysages basques aux aplats éclatants ou des installations à la gloire des bouées gonflables Laurent Perbos, basiques et merveilleuses à la fois.
Pour cette exposition, plusieurs artistes majeurs, tels Pierre Ardouvin ou Julian Opie. Le premier, avec une tente en verre et toile et des images désuètes travaille « nos imaginaires un peu surréalisants, il joue beaucoup sur la nostalgie, dans l’esprit des fêtes foraines joyeuses et un peu tristes », précise Caroline Buissière.
Le second nous invite à flâner dans les ruelles d’un village plus vrai que nature, tout en trompe-l’œil et jeux de lumières.
Panachage aciduléD’autres déjà rencontrés par les visiteurs du Centre d’art, Marc Desgrandchamps et ses peintures de facture classique, figuratives et oniriques à la fois, ou la Documentation Céline Duval ; à la manière de Boltanski, la jeune artiste collecte, assemble et transcende de vieilles cartes postales pour nous donner à voir la vie au XXe siècle.
Et « pour donner corps à l’exposition », des artistes moins connus, déjà aguerris, certains très peu présentés. « Pour eux, exposer ici, c’est une ligne biographique importante ; ça valide la qualité de leur travail. »
Randa Maroufi et ses caissons lumineux, Diana Markosian dans les pas de sa mère, les Merveilles architecturales d’Isabel Brison, les clichés tragicomiques de Julie C. Fortier, les vidéos déroutantes de Carole Fékété.
Vingt-six artistes en tout qui composent un tableau du monde revigorant et joyeux, qui interrogent notre rapport aux lieux et au temps, aux autres et à nous-mêmes. Qui nous font du bien, tout simplement.
Blandine Hutin-Mercier
L'exposition « Un goût de vacances, des saveurs d’été » est visible du 10 juillet au 17 octobre, du mardi au dimanche, fériés compris, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures. Vernissage samedi 10 juillet, de 14 heures à 18 heures (gratuit). Entrée : 5 € ; billet commun avec le musée Marius-Vazeilles, 8 €.Visites commentées. Tous les mercredis à 15 heures, en juillet et août (compris dans le billet d’entrée) ou sur rendez-vous au 05.55.95.23.30.Apéro Art et Histoire. Avec le Pays d’art et d’histoire des Hautes Terres corréziennes et de Ventadour, jeudi 5 août à 18 h 30 ; sur rendez-vous au 05.87.31.00.57.Plus de renseignements sur www.cacmeymac.fr.