Un Creusois condamné à six mois de prison pour avoir frappé son ancienne compagne enceinte
La jeune femme de 27 ans dépose plainte le 28 septembre 2020. Une dispute a éclaté la veille, devant son domicile, dans le nord de la Creuse, alors que son ex-conjoint venait ramener leurs quatre enfants, âgés de 2 à 7 ans.
Le couple est séparé depuis quelques semaines. Leur relation est conflictuelle. Pour une banale histoire de goûter, le ton monte entre les deux protagonistes.
Sous le regard de leur fils de 2 ansIls se bousculent mutuellement, sous le regard de leur fils de 2 ans. L’homme met une gifle à son ex-compagne et la pousse contre une rambarde alors qu’elle est enceinte de sept mois et demi. Choquée, elle se voit prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de quatre jours.
L’homme est également allé à la gendarmerie pour faire une main courante suite à cet épisode de violences réciproques. Son ex reconnaît l’avoir poussé. « C’était pour me défendre », indique-t-elle lors de son audition.
Devant les enquêteurs, elle évoque un autre épisode de violences survenu en mai 2017. Son compagnon lui aurait mis une gifle et un coup de tête. Elle fournit des messages échangés sur Facebook dans lesquels son conjoint reconnaît les faits.
Casier viergeL’homme, qui vient de décrocher un contrat dans le bâtiment dans la région de Tours, a un casier judiciaire vierge. Il explique jeudi au tribunal avoir subi un traumatisme à l’âge de 3 ans (il aurait été victime d’une tentative d’assassinat de la part de sa mère). Il rejette la faute sur sa compagne : c’est elle qui l’aurait provoqué.
« Je suis troublé psychologiquement. Ce jour-là (en mai 2017, NDLR), elle me bloquait. Elle attendait que je pète un câble. On avait été voir un conseiller conjugal. Oui le coup de tête est parti. Je l’ai poussée en avant. Mais c’est de la faute de madame si elle s’est pris des coups. » Il ajoute : « C’est pas un geste à faire, il y a d’autres solutions. Je le reconnais. »
Un homme impulsifLa jeune femme, qui n’était pas là à l’audience mais représentée par une avocate, affirme avoir été victime de violences à cinq autres reprises durant leur vie commune, qui a duré huit ans.
Soulignant « l’impulsivité » et « la violence » du prévenu, le procureur de la République s’est dit « inquiet pour l’avenir ». Il a demandé six mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans. Une peine notamment assortie d’une obligation de soins et de travail ou formation.
Le tribunal a suivi ces réquisitions. L’ex-compagne, qui était également prévenue de violences, a été condamnée à 500 euros d’amende avec sursis.
Catherine Perrot
La ligne d’écoute pour les femmes victimes de violences, le 3919, est désormais joignable 24 heures sur 24, du lundi au vendredi ; une extension horaire qui concernera aussi les week-ends à la fin de l’été, a annoncé, au mois de juin, la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes.