Ils plaquent tout dans le Var et reprennent la pisciculture de Vollore-Montagne (Puy-de-Dôme)
Changement de décor. Changement de vie. Ils ont quitté le sud de la France, le Var, pour s’installer en Auvergne, à Vollore-Montagne. Beaucoup en rêvent, eux l’ont fait. À 33 et 34 ans, Laëtitia et Alexandre Viale font partie de ces personnes inspirantes quand on les rencontre. Mais il y a encore un peu plus d’un an, ils ne savaient pas que cette rencontre aurait lieu, encore moins à côté des bassins de la pisciculture du moulin de la Goutte, à Vollore-Montagne.
« Quand on nous a dit ça, c’était improbable »Elle, était préparatrice en pharmacie. Lui, chef d’équipe dans un domaine viticole. Le tout, au Castellet.
« Et puis on voulait quitter notre ville, ça fait plus de deux ans que l’on y réfléchit, se souvient Laëtitia. On voulait travailler ensemble, à notre compte, dans le domaine agricole, on ne savait pas trop. En Ardèche?? En Auvergne?? »
Au détour d’un repas estival dans le sud, avec des amis de Chabreloche descendus en vacances, ils apprennent l’existence de la pisciculture de Vollore-Montagne, et surtout, de sa vente, par Agnès Cathonnet. « Quand on nous a dit ça, c’était improbable, on ne pensait pas que ça pourrait se faire. Et… on a visité?! Quand on s’est rencontré avec Agnès Cathonnet, elle a eu un coup de cœur pour nous, et nous un coup de cœur pour ce lieu », continue Laëtitia.
Les visites supplémentaires et la semaine de stage pour Alexandre en décembre dernier finissent de décider le couple. Fin avril, le compromis est signé, début juin, l’entreprise est à eux. Agnès elle, est passée salariée et le restera pendant un an jusqu’à la retraite. « Elle travaille avec nous pour une transition en douceur, on veut faire comme elle fait, c’est important pour elle et pour nous », note Alexandre, jeune titulaire d’un diplôme en aquaculture salmonidés.
Agnès va prodiguer ses conseils à Alexandre pendant un an.
Du caviar de truite??Au début de l’aventure, ils gardent le secret. Quand ils le dévoilent les réactions ne se font pas attendre. « “Mais pourquoi, qu’est ce qui vous arrive??” a été la réaction majoritaire, c’était l’étonnement général. Mais tout le monde nous a dit que l’on était courageux, relate Laëtitia. Nous à la base, on avait notre jardin, nos poules, on allait en forêt, et jamais à la plage, mais on avait besoin d’encore plus d’espace et d’air. »
On préfère vivre de moins mais vivre mieux, c’est ce qu’on va trouver ici. Là, c’est le paradis. L’eau est propre, le milieu n’est pas comme dans le sud, il est sain, plus sauvage.
Passé l’émerveillement, il va falloir se mettre à travailler. L’activité, a été reprise telle qu’elle est. Pêche à l’étang, travail avec les grandes surfaces et restaurateur. « J’aimerais travailler avec des laboratoires de transformation en attendant d’avoir le nôtre pour faire des produits complémentaires, et comme l’on fait de la reproduction, j’ai envie de produire du caviar de truite, distille Alexandre. Reste à aller au contact des gens, à s’intégrer. »
Alexandre Chazeau