Les maires ne veulent déléguer leurs pouvoirs de décision ni à l’Etat, ni à l’intercommunalité
Creuse Sud-Ouest dit « non » à l'État
Comme dans tous les autres établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), la Com-com Creuse Sud-Ouest a dû répondre à la proposition de l'État sur son projet de protocole d'engagement du contrat de ruralité, de relance et de transition écologique.
Une question d'échelonUne longue présentation a été faite par la direction générale adjointe, qui a tenté de rendre le texte gouvernemental le plus compréhensif possible. Peine perdue, car de nombreuses voix se sont élevées contre le manque de clarté des formules. Chacun y a senti la volonté cachée de l'État de dessaisir petit à petit les communes – et donc les maires – de leur pouvoir de décision.
Pour faire simple, le Gouvernement propose que des contrats territoriaux de ruralité, de relance et de transition écologique (CTRRTE) soient passés à l'échelon des collectivités ou d'un bassin de vie. Les maires – dont certains vice-présidents – ont tous ressenti qu'une certaine gestion communale leur échapperait et ils l'ont fait savoir haut et fort au président Gaudy.
Cerise sur le gâteau, les conseillers devaient prendre leur décision avant le 30 juin, c'est-à-dire dans l'instant. Le côté abscons du texte, le doute concernant la suppression d'une grande partie de leurs décisions et l'urgence outrecuidante avec laquelle l'État les forçait à se positionner ont convaincu la majorité à voter contre cette délibération.
Un mécontentement peut en cacher un autreAutre sujet de mécontentement que celui concernant les modalités de poursuite du travail sur l'élaboration d'un PLUi (Plan local d'urbanisme intercommunal). Là encore, les élus se sont questionnés sur le bien-fondé d'un tel élargissement des décisions d'urbanisme qui les dessaisissent encore un peu plus, d'autant que ce PLUi sera bientôt associé à une Opération de revitalisation du territoire, un nouvel outil à disposition des collectivités locales pour porter et mettre en œuvre un projet de territoire dans les domaines urbain, économique et social, pour lutter prioritairement contre la dévitalisation des centres-villes. De longs échanges entre les conseillers et la présidence ont montré la frilosité des maires à se voir déposséder de leurs responsabilités, même si le texte prévoit d'augmenter les conditions d'attractivité des communes, de préserver leur cadre de vie et de redynamiser l'ensemble du territoire. La délibération de continuer le travail vers un PLUi a tout de même été votée, mais du bout des doigts.