Les transporteurs de l'arrondissement d'Ambert (Puy-de-Dôme) très inquiets après une procédure d'appel d'offres défavorable
Ils étaient assis en ligne tout en haut de l’amphithéâtre du lycée d’Ambert, en préambule du conseil communautaire d’Ambert Livradois Forez, mercredi soir. Les transporteurs de la vallée de la Dore, très inquiets, voulaient partager leurs craintes avec les élus du territoire. Ils ont constitué le collectif des opérateurs de transport public de voyageurs de l’arrondissement d’Ambert.
Une centaine d’emplois locauxDes sociétés de Saint-Germain-l’Herm, Valcivières, Olliergues, La Chapelle-Agnon, Saint-Jean-des-Ollières et Ambert en font partie. « Des entreprises qui ont plus de 40 ans d’existence sur notre territoire et qui représentent plus de 100 emplois », a souligné André Voldoire, maire de Valcivières, retraité du transport, qui est intervenu en tant que porte-parole du directeur de l’entreprise ambertoise Loisirs et voyages.
Le motif de leur préoccupation, c’est une procédure d’appel d’offres concernant les transports scolaires lancée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes dans le Puy-de-Dôme, pour remplacer les marchés précédents, qui se termineront au 31 août 2021 (la Région a récupéré cette compétence aux Départements). « Sur toute la vallée de la Dore, plus un transporteur ne fera du transport scolaire, en l’état », reprend André Voldoire.
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Critère de prix versus critère techniqueSi tel est le cas, c’est que la procédure d’appel d’offres a privilégié le critère de prix sur le critère technique, expliquent-ils. Les entreprises locales ont donc été sanctionnées.
« La méthode retenue consiste, en aucun doute, à une politique volontariste de réduction des coûts au détriment de l’humain, de la garantie de la qualité de service et de la proximité avec les usagers », poursuit le maire de Valcivières, n’hésitant pas à évoquer « une approche low cost du transport des enfants. La procédure n’a pas tenu compte des savoir-faire et des garanties techniques que seuls des opérateurs de proximité peuvent proposer. »
En effet, il détaille que jusqu’à maintenant, toutes les entreprises locales travaillaient en synergie. Si l’une d’elles avait un car en panne ou un conducteur malade, elles se dépannaient pour assurer le service en urgence. « Une entreprise basée à Pétaouchnok ne pourra pas intervenir, insiste-t-il. Depuis 40 ans, jamais personne ne s’est marché sur les pieds, ils se sont toujours respectés et aidés pour garder un transporteur pour chaque territoire. »
Fermetures et licenciements« La communauté de communes Ambert Livradois Forez (ALF) est principalement constituée d’un territoire fortement rural de moyenne montagne ayant pour caractéristique un habitat dispersé. Cela implique une étroite collaboration entre les entreprises de transport scolaire et les maires pour répondre à toutes les situations. Ce travail de “dentelle”, qui se fait depuis des années entre élus et transporteurs locaux, ne s’improvise pas », martèle Didier Liennart, vice-président d’ALF dans une lettre ouverte envoyée à l’exécutif régional.
Les acteurs du territoire craignent des fermetures parmi ces entreprises locales et des licenciements économiques en septembre.
Motion« On veut des transports scolaires de qualité sur notre territoire », plaide le président d’Ambert Livradois Forez, Daniel Forestier. Didier Liennart a lu une motion, que les conseillers communautaires ont adoptée à l’unanimité. Celle-ci demande à la Région de revenir sur les appels d’offres en question et de « faire en sorte qu’à l’avenir, la question des transports scolaires soit étudiée en concertation avec les maires, les élus d’ALF et le Département ».
La conseillère régionale Myriam Fougère a été alertée par les entreprises et des élus d’Ambert. Contactée hier, elle précise que « les services et l’exécutif de la Région sont informés. Nous avons connaissance du problème. » Elle attend des précisions supplémentaires.
D'autres dossiers évoqués en conseil
Maison de santéL’aménagement du parking de la future maison de santé d’Ambert, à la charge de la communauté de communes, doit coûter 190.000 € (travaux, maîtrise d’œuvre, études etc.). Pour l’aider à financer cette somme, Ambert Livradois Forez compte demander des subventions à l’État (DETR et DSIL). Les conseillers ont approuvé à l’unanimité. Les travaux doivent commencer en novembre, a précisé le maire d’Ambert, Guy Gorbinet, pour une ouverture de la maison de santé espérée à la fin de l’année 2022.
Animations jeune public l’étéAfin d’aller vers de nouveaux publics, le service « Patrimoine » d’Ambert Livradois Forez souhaite proposer aux structures collectives d’hébergement d’accueillir des animations jeune public pour leurs clients et pour les habitants du territoire, en lien avec le patrimoine culturel, les techniques et les savoir-faire. ALF fait ainsi une expérimentation cet été au camping Les Chelles à Olliergues, qui accueillera quatre interventions. Si le test est réussi, il s’étendra l’année prochaine. « On apporterait une plus-value aux petites structures », a souligné Simon Rodier, vice-président en charge de la culture et du patrimoine. Unanimité.
Watty à l’écoleLe programme « Watty à l’école » a, depuis trois ans, sensibilisé des enfants de primaire du territoire aux économies d’énergie et d’eau. Il est financé en partie par le mécanisme des certificats d’économie d’énergie et mis en œuvre localement par l’association « Les petits débrouillards ». Depuis 2018, 45 classes en ont profité. Le vice-président François Dauphin a proposé de renouveler ce programme pour deux ans. Vingt classes par an, réparties sur dix établissements, pourront en bénéficier. Le prix total est de 50.240 € HT, mais il ne restera à la charge de la communauté de communes que 11.600 €. Cette proposition a été suivie à l’unanimité.
Ordures ménagèresPour les établissements de service, de santé, les campings et les industriels soumis à la redevance spéciale d’enlèvement des ordures ménagères, l’exécutif d’ALF propose de maintenir en 2022 les tarifs de 2021, à savoir 53 € le m3 pour les industries et 37 € pour les établissements de services.
Le coût réel du service est de 69,68 €, la différence est supportée par les usagers à travers la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Ce gel des tarifs est décidé « par rapport à la crise du Covid », indique le vice-président Marc Ménager. Unanimité.
ExonérationL’habitat dispersé sur ALF pourrait permettre à des usagers d’être exonérés de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom). Mais comme l’équilibre économique du service d’enlèvement et de traitement des ordures ménagères pourrait être mis en péril par cette disposition et que tous les habitants, même non desservis par la collecte, bénéficient d’autres services comme les bacs collectifs et les déchetteries, l’exécutif a reconduit, pour 2022, la suppression de la possibilité d’exonération de la Teom. Proposition acceptée à l’unanimité.
Alice Chevrier