Des travaux de confortement sont en cours sur les pitons rocheux surplombant Lavoûte-Chilhac (Haute-Loire)
Le va-et-vient d’un hélicoptère a animé une partie de ce lundi 28 juin après-midi à Lavoute-Chilhac. L’engin a passé plus d’une heure à naviguer, à plusieurs reprises, d’un terrain de Saint-Cirgues à la pente rocheuse surplombant la boucle de l’Allier. Des déplacements liés à l’acheminement de matériel de chantier vers un endroit inaccessible pour tout véhicule classique.
En surplomb de D585Des travaux rares ont en effet débuté dans la commune. Un chantier communal de « confortement de deux pitons rocheux » dominant des habitations, « afin d’éviter d’éventuelles chutes de blocs rocheux, précisait le maire, Christian Dauphin. »
Les spécialistes nous ont dit qu’aucun bloc important ne semblait pouvoir tomber. Mais il y a des risques avec des plus petits. Il y a quelques années, un bloc s’était effondré du côté de Saint-Cirgues.
La falaise concernée par ces travaux de confortement se trouve en surplomb de la D585, entre le pont sur l’Allier et l’entrée dans Saint-Cirgues. Deux zones spécifiques sont à traiter. La première comporte déjà une grille de protection. Elle doit être améliorée. La seconde, à la même hauteur mais un peu plus au sud, va être équipée de pare-blocs, sorte de murs permettant de stopper des pierres dans leur chute.
Ces travaux dans une zone difficile d’accès, réalisés par l’entreprise spécialisée CAN (Drôme), doivent durer un mois. « Une équipe est déjà venue une première fois, il y a quelque temps, pour nettoyer la zone de travaux et préparer un accès pour les ouvriers », expliquait le maire.
Harnachés comme des alpinistes, ils accèdent en effet au site de travaux depuis le bourg, via la pente et les jardins en terrasse. Présent ce lundi pour acheminer tout le nécessaire pour les travaux, l’hélicoptère doit revenir à deux reprises dans le mois de juillet, pour la mise en place de l’ouvrage et le repli du matériel.
Finances. D’environ 100.000 euros au total, ce chantier, « en route depuis un certain temps déjà » est porté par la commune. Il n’aurait pu être réalisé sans les appuis financiers de la Région, du Département et de l’État.
Des maisons évacuées le temps des héliportagesEt son utilisation n’a pas été sans poser quelques contraintes d’organisation. « La difficulté, c’était de trouver une “drop zone” où l’hélicoptère prenait le matériel à déposer, précisait le maire. »
Au départ on pensait installer la drop-zone sur le bord de l’Allier. C’était impossible. Il faut 500 m² autour de la piste de décollage pour éviter tout risque. On a cherché et on a finalement trouvé un terrain chez un agriculteur de Saint-Cirgues.
En plus des autorisations de survol à obtenir, l’intervention de l’hélicoptère a nécessité de couper la circulation sur la D585, entre le pont sur l’Allier et Saint-Cirgues, et d’évacuer une poignée de maisons (une quinzaine de personnes) se trouvant à la verticale de la zone de travaux, le temps des opérations. Et ce pour des raisons évidentes de sécurité.
De la plage se trouvant sous le prieuré, les allers-retours de l’hélicoptère et la rapidité des chargements et déchargements avaient de quoi impressionner. « Il faut être carré et rester calme », expliquait en amont les ouvriers spécialisés présents sur la falaise. Étaient acheminés des foreuses, des barres d’ancrage, du grillage, de l’eau et du matériel d’injection pour le ciment…
La suite, moins bruyante, s’annonce tout aussi spectaculaire, avec des travaux réalisés sur un terrain très difficile, mais qui ne constituent, pour les ouvriers présents, « qu’un petit chantier »…
Pierre Hébrard