« Benedetta », la nouvelle provocation de Paul Verhoeven vendredi soir à Cannes
Homosexualité, érotisme, église et pouvoir : le nouveau film de l’auteur de Basic Instinct et Elle a tout pour secouer la Croisette, avec Virginie Efira dans un grand rôle de nonne lesbienne, habitée par le Christ et le désir charnel, dans un couvent italien du XVIIe siècle.
À l’origine du projet, il y a le livre de Judith C. Brown, Sœur Benedetta, entre sainte et lesbienne, qui a été écrit il y a une trentaine d’années que lui offre son scénariste hollandais, Gerard Soeteman. L’ouvrage raconte la vie de cette religieuse italienne qui au couvent de Pescia en Toscane, tombe dans des extases mystiques, fut prise pour une sainte, puis soupçonnée d’affabulation, avant d’être condamnée au bûcher lorsque les autorités religieuses découvrent ses relations sexuelles avec une autre sœur du couvent.
Femme insaisissable« Nous avons commencé à travailler sur l’adaptation, mais nous avons eu des désaccords sur la sexualité, sur la fin, etc. En cinquante ans de travail, nous avions déjà connu des désaccords, mais là, nous ne parvenions pas à trouver un terrain d’entente ».
C’est finalement vers son scénariste américain David Birke qui avait écrit le scénario de Elle que Verhoeven se tourne. « David a écrit le scénario et il a superbement réussi à trouver un bon équilibre entre la religion, la sexualité et les manigances politiques de l’Église, ce qui n’était pas si facile », poursuit le réalisateur.
Matière à dresser encore le portrait d’une femme insaisissable à la Sharon Stone dans Basic Intinct ou Isabelle Huppert dans Elle, cette fois incarnée par la plus grande star féminine du moment Virginie Efira entourée, entre autres, de Daphné Patakia, Charlotte Rampling, Lambert Wilson. Un casting de luxe pour une programmation de rêve. Cannes, rien de moins...
Roxane Pouget