Ces experts-comptables sont ravis de s'être installés en Creuse et espèrent motiver d'autres jeunes
Souvent méconnu, le métier d’expert-comptable souffre d’une image quelque peu différente de la réalité. « On pense souvent qu’on reste toute la journée devant un ordinateur à regarder des chiffres. Ce n’est pas le cas, ça ne l’a même jamais été je pense. »
Matthieu Cabral parle de sa fonction avec enthousiasme. Il fait partie des quatre nouveaux experts-comptables de Creuse, portant le nombre total à plus d’une dizaine dans le département. Originaire de Brive, le trentenaire a découvert cette voie grâce à une rencontre.
« J’ai rencontré un stagiaire expert-comptable et ça m’a donné envie de faire ce métier. On m’a toujours dit que nous étions les médecins des entreprises pour assurer leur bonne santé. Ce qui me plaît vraiment, c’est l’aspect relationnel car, il ne faut pas se le cacher, la saisie de la comptabilité ce n’est pas passionnant. Les rencontres avec les clients oui. »
Mais alors, quelles sont concrètement leurs missions ? Zélinda Schaller, en Creuse depuis ses huit ans, baigne dans ce milieu car sa mère tient un cabinet d’expertise. Pour elle, c’est finalement assez simple de décrire ce qu’elle fait. « On accompagne les entreprises, que ce soit au niveau comptable, social ou juridique car on peut se rapprocher du métier d’avocat. On peut aider à la création d’une société ou à la recherche de subventions. Il faut arriver à informer les clients car certaines micro-entreprises passent à côté d’aides à leur création et après c’est trop tard. »
Des difficultés pour recruter en CreuseEt de plus en plus de chefs d’entreprises creusois font appel à leurs services. Par conséquent, les effectifs sont parfois limités. « Nous sommes toujours en quête de recrues sur différents postes. Mais, bien souvent, venir en Creuse représente un frein », regrette Delphine Durand, une Berrichonne du sud de l’Indre.
Elle fait un triste constat : peu d’experts-comptables viennent spontanément travailler dans le département, ou alors c’est parce qu’ils ont de bonnes raisons.
« Pour venir, il faut avoir des attaches ici ou bien venir d’un département voisin. La plupart ont étudié à Limoges puis sont revenus. »
Matthieu Cabral, lui, ne regrette pas sa décision qui se révèle être un véritable choix de vie. « C’est la vie que je voulais mener. Certains se plaisent peut-être à être dans les bouchons après le travail. Nous, à dix minutes de Guéret, on a un peu tout ce qu’on veut pour respirer. »
Dans cette optique, les jeunes sont aussi la cible d’une profession à l’image un peu vieillissante. Ainsi, plusieurs dispositifs sont mis en place. « Nous rendons souvent visite à des élèves de lycée pour leur présenter notre métier. La question qui revient souvent c’est sur les compétences en mathématiques alors on les rassure vite. Il faut changer notre image pour avoir un renouvellement de notre secteur. »
Alix Vermande