Cinq personnes condamnées pour trafic de stupéfiants par le tribunal de Moulins (Allier)
« Romain Papon organisait le trafic de sa cellule avec Murat Tas. La petite amie de Papon allait récupérer de l’argent pour lui ». Le président du tribunal correctionnel de Moulins a résumé en quelques mots l’affaire où cinq prévenus ont été jugés mardi (1).Ce trafic de stupéfiants a été mis au jour lors d’une perquisition menée chez un Moulinois dans un dossier d’assassinat. Pour la procureure de la République, « il y a des éléments principaux et des éléments périphériques dans ce dossier ».
Elle fait la muleParmi les « éléments périphériques », il y a une mère de famille de Roubaix, qui a fait la mule en ingérant de la cocaïne qu’elle acheminait à Moulins en train, pour rembourser la dette que son mari avait contractée alors qu’il était codétenu de Papon. « Elle s’est retrouvée malgré elle dans ce dossier à cause de cette dette qu’elle a subie », a estimé son avocat. Un rôle qui lui a valu d’être condamnée à six mois de sursis probatoire.
Autre « élément périphérique », un habitant de Côte-d’Or de 48 ans, absent à l’audience et condamné à dix mois de prison. Il devait un kilo de résine de cannabis à Romain Papon. Il l’aurait consommé personnellement et se serait livré à un trafic pour le rembourser. Il aurait rencontré la petite amie de Papon pour régler sa dette de 11.500 €.
Puis il y a l’ex-petite amie de Papon. Celle qui a tout déballé aux gendarmes, celle qui « a été bien trop naïve » ne pensant pas tremper dans un trafic de stupéfiants, celle qui s’est rendu compte qu’elle avait été utilisée.
Elle est finalement revenue sur ses déclarations pour essayer de protéger Romain Papon et Murat Tas. Elle a écopé d’ un an de prison avec un sursis simple, soit six mois de plus que ce qu’avait requis la procureur.
Ensuite, il y a Murat Tas qui apparaît lors de l’enquête et des écoutes téléphoniques comme le bras droit de Papon à l’extérieur de la prison.
Mais lui, qui se défend seul, assure ne pas connaître les autres accusés. Les 7,8 kg de cannabis, les 6.200 € en liquide, les différents téléphones, les différentes cartes SIM et les écritures, « ce n’est pas à moi, je les gardais pour quelqu’un que je ne connais pas ». Le prévenu conteste également les conclusions de l’expertise graphologiques et les écoutes téléphoniques. Le tribunal l’a condamné à trois ans de prison dont un avec un sursis probatoire.
Il y a enfin Romain Papon, celui qui semble organiser le trafic depuis sa cellule, au gré des différentes prisons où il a été incarcéré (2). Mais pour lui et son avocate, il ne s’agit en aucun cas de l’organisation d’un trafic de stupéfiants – des faits pour lesquels il a déjà été condamné à neuf ans de prison – mais de récupérer des dettes liées à ce fameux trafic qui datent d’avant son incarcération en 2015. Le tribunal l’a condamné à six ans de prison ferme. Il entend faire appel.
(1) Deux autres prévenus seront jugés en octobre.(2) Il est actuellement détenu à Châteauroux.
Marie Collinet