Pourquoi des cheminots de Haute-Loire étaient en grève, ce jeudi, à Saint-Georges-d'Aurac gare ?
En ce jeudi 1er juillet d’appel national à la grève par la CGT Cheminots, des grévistes altiligériens étaient rassemblés, le matin, devant la gare de Saint-Georges-d’Aurac. Un point de bifurcation des réseaux symbolique pour un mouvement qui, en plus de porter les revendications nationales, pointait des problématiques locales.
Inquiétudes autour de la convention collective nationale« Plusieurs sujets sont à l’origine de cette mobilisation nationale, à commencer par le blocage par l'entreprise de la négociation de la Convention collective nationale (CCN) ferroviaire », expliquait le secrétaire départemental CGT cheminot, Xavier Bousset. « Si les négociations n'avancent pas, l'Etat peut légiférer et donner aux entreprises ce qu'elles demandent. » Les syndicats craignent, à l’heure de l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, que cette CCN imposée conduise à un nivellement par le bas des rémunérations, des conditions sociales et des conditions de travail des employés de la SNCF.
Actuellement, nous sommes régis par un décret. Avec la CCN, il va falloir tout renégocier. Si elle tire tout vers le bas, l’entreprise pourra justifier, au nom de la nécessité d’être concurrentiel, la baisse des avantages existants à la SNCF.
La question de l'avenir des lignes de Haute-LoireCe mouvement permettait également aux salariés d’exprimer leurs inquiétudes quant à l’avenir des lignes SNCF en Haute-Loire, à l’heure du projet de loi 4D (différenciation, décentralisation, déconcentration, décomplexification), dans lequel il est spécifié : « Les régions auront désormais la possibilité de se voir transférer la propriété des petites lignes ferroviaires et la gestion des gares. » Selon les syndicats, l’ensemble des lignes de Haute-Loire peuvent être considérées comme des « des petites lignes ferroviaires. Cela voudrait dire que les collectivités pourraient avoir à payer pour maintenir ces lignes en place… Nous n’avons aucune visibilité sur notre avenir. »
À ces inquiétudes s’ajoutaient, dans les revendications des cheminots, d’autres problèmes existants : « Ces derniers jours, on a davantage de trains supprimés que de trains qui roulent », ajoutait un gréviste. « Il y a un manque de conducteurs. Il y a un réel problème de recrutement. Les gens sont embauchés à 1.100 €, loin de chez eux, avec la contrainte de bosser les week-ends, les jours fériés. Et ils ont une responsabilité pénale », précisait Xavier Bousset.
Des personnes embauchées hors statut à 1.100 € qui peuvent espérer, au bout de plusieurs années, une augmentation d’1 %. 10 €...
Un cheminot
Et, pour les cheminots bénéficiant du statut, « les salaires sont gelés depuis 6 ans ». Les syndicats dénoncent, dans ce contexte, une situation anxiogène. « Deux personnes ont démissionné en gare de Brioude. Je n’avais encore jamais vu ça. Et deux ont fait un burn-out », soufflait un cheminot.
Montrer le rapport de forceCe jeudi, il s’agissait « d’une première action au national pour montrer le rapport de force et entamer les négociations. Et chaque syndicat local a déposé une demande de concertation immédiate auprès de leur SNCF pour faire valoir leurs revendications locales. En Haute-Loire, on en est à six demandes depuis septembre, se désolait Xavier Bousset. La dernière, il y a un mois et demi, concernait des suppressions d’emplois. »
Pierre Hébrard