Le destin d'un Poilu de 1917 refait surface dans un jardin de Saint-Didier-sur-Rochefort (Loire)
Laëtitia Petitjean s’est installée dans une jolie petite maison avec ses enfants à la sortie du bourg de Saint-Didier-sur-Rochefort. Un beau matin, elle décide de nettoyer le terrain à proximité et décide de se débarrasser d’un tas de ferraille qui enlaidit son petit carré de verdure à proximité de son habitation. Un ferrailleur se présente et, tous deux se mettent à l’ouvrage. Une surprise attend Laëtitia.
Une plaque de marbre blancAlors qu’elle finit d’aménager son petit carré de verdure, elle découvre une plaque de marbre blanc d’une soixantaine de centimètres de longueur sur autant de largeur. Celle-ci est recouverte de terre et ne permet pas de la déchiffrer. Laëtitia décide avec sa petite fille de nettoyer la plaque et sa stupéfaction est totale quand elle lit le texte qui est gravé avec élégance sur le morceau de stuc. Il s’agit d’une sorte de plaque mortuaire à la mémoire d’un jeune homme décédé en 1917 lors de la Première Guerre mondiale. Le texte est le suivant :
À la mémoire de Marius Triollier. Mort pour la France le 13 septembre 1917 à l’âge de 21 ans. Étant bon fils il fut bon soldat. À l’égard de tous, il fit son devoir. Au bois des Fosses où l’obus le frappa. Il dort maintenant d’un sommeil plein de gloire.
Laëtitia, émue par ce message a décidé d’aller plus loin afin de rechercher et comprendre la présence de cette plaque dans son jardin.
Originaire d'Unieux, près de St-EtienneElle fait alors appel à Agnès Laforge-Siveton ainsi qu’à Claude Estinès, réputé pour ses compétences historiques et notamment locales. Après de longues recherches, les origines du jeune homme sont repérées du côté de la commune d’Unieux près de Saint-Étienne. Par contre, les raisons de sa présence sur le village de Saint-Didier-sur-Rochefort restent inconnues. Agnès Laforge-Siveton, de son côté, a la chance de retrouver un descendant du fameux Marius. Il s’agit du frère de l’arrière-grand-père de la personne contactée. On apprend que le nom de Marius Triollier est inscrit sur le monument aux Morts d’Unieux.
Un précieux document décrit physiquement Marius. Marius Antonin Triollier est né le 21 juin 1896 à Unieux. Il est de la classe 1916. C’est un garçon au visage rond, aux cheveux châtains, aux yeux gris, au nez rectiligne. Il mesure 1,69 mètre (moyenne à l’époque). Il exerce la profession d’employé d’industrie. Il sait lire, écrire et compter… Il est incorporé au 17e régiment d’infanterie de Lyon, le 9 avril 1915. Il est détaché à l’usine Holtzer à Unieux le 9 septembre 1916. Il rejoint le dépôt, le 13 février 1917. Il est versé au 86e puis au 83e régiment d’artillerie lourde avant d’être sapeur au 3e régiment du génie, le 27 avril 1917. « Mort pour la France », le 13 septembre 1917 à 23 heures, au bois des Fosses au fort de Douaumont, dans la Meuse.
La transcription du décès est effectuée le 2 mars 1918. Reste que pour l’instant, la présence de cette plaque sur la commune demeure un mystère.