Diamond League : Renaud Lavillenie veut « passer la vitesse supérieure » ce jeudi soir à Oslo
Voilà, c’est le mois de juillet. Dans 30 jours, Renaud Lavillenie se retrouvera dans le stade olympique de Tokyo face au sautoir. Le moment piégeux des qualifications à trois jours de la finale.
Huit jours auparavant, il aura sans doute, en porte-drapeau ému, conduit la délégation tricolore de la 32e olympiade. Honneur espéré dont l’annonce semble imminente, ce lundi a priori. Le Clermontois a donc intérêt à soigner sa programmation juillettiste. Courte, forcément, coincée par le départ de l’équipe de France à son camp de base japonais de Kobe.
Au menu du perchiste, en effet, plus que trois concours. Mais tous de haut vol : Oslo (Norvège, ce jeudi soir 19 heures), Stockholm (Suède, 4 juillet) et Sotteville-lès-Rouen (11 juillet). Un doublé scandinave de Diamond League avant un dernier meeting international français avec pour point commun des adversaires de podium olympique...
Comment l’expliquez-vous : 5,92 m, 2e performance mondiale, le 20 juin, à Chorzow (Pologne) et, une semaine plus tard, 5,70 m seulement aux championnats de France d’Angers ?
« A Chorzow, il faisait beau et j’ai pu faire une compétition normale. A Angers, il a plu jusqu’à la barre de 5,45 m. Pluie et perche ne sont pas compatibles pour une perf. Ethan Cormont (vainqueur aux essais à 5,70 m, ndlr), s’en est sorti parce qu’il était à fond pour la qualif olympique. Moi, je me suis un peu moins appliqué. Je n’ai pas fait d’échauffement spécifique sous la pluie ; je ne voulais pas prendre de risques pour la suite. Je me suis même posé la question : pourquoi sauter dans ces conditions ? »
Médaillé d’argent, cela vous laisse un regret au final ?
« J’étais "malheureusement" mieux que j’espérais. Quand la pluie s’est arrêtée, j’ai donc dû monter sur les perches et, après les 5,70 m, je pensais que c’était reparti pour 5,80 m, 5,90 m. Mais ma perche des 5,92 m s’est avérée trop souple. Je ne m’attendais pas du tout à ce scénario et il me laisse pas mal de frustration. »
Tout se joue sur un choix de perche ?
« Oui, à pas grand-chose. Parce que j’étais plus sur le contrôle alors que j’aurais dû prendre une perche que j’utilise dans de grosses conditions. En fait, je suis dans une période charnière où je dois trouver les bons repères comme cet hiver où ma forme ascendante me faisait trouver toutes mes perches trop souples. »
Le perchiste du Clermont Athlé aimerait refaire rapidement 5,90 m, voire dépasser les 6 m.
Quel bilan dressez-vous au terme du mois de juin ?
« C’est le mois du retour de la compétition et c’est une bonne chose. J’ai repris sans problème physique, sans la moindre alerte négative, et ça monte au fur et à mesure. J’ai réalisé une très bonne perf sur élan réduit (16 foulées). Je n’ai pas mis l’élan complet mais ce n’est pas grave. Je n’en fais pas une fixation. Je le sortirai si tout se passe bien. Pourquoi pas là, à Oslo ? »
« C’est plaisant de retrouver Mondo Duplantis et Sam Kendricks. Ça va pousser à élever le niveau. Et en termes de préparation à Tokyo, c’est idéal. »
Quel est votre objectif sur le mois déterminant qui s’ouvre ?
« J’arrive sur juillet pour passer la vitesse supérieure et franchir un petit cap sur la performance. D’un point de vue tactique, je veux mettre les 20 foulées d’élan, les caler, et refaire 5,90 m rapidement et, pourquoi pas, dépasser les 6 m sur une des trois compètes. »
Vos retrouvailles avec Mondo Duplantis et Sam Kendricks favorisent-elles vos ambitions ?
« Oui, ça c’est plaisant et ça va pousser à élever le niveau. Et en termes de préparation à Tokyo, c’est idéal. »
Les 9 engagés : Dans l’ordre des meilleures performances de la saison. Armand Duplantis (SWE), 6,10 m ; Renaud Lavillenie (FRA), 5,92 m ; Sam Kendricks (USA), 5,86 m ; Sondre Guttormensen (NOR), 5,81 m ; Valentin Lavillenie (FRA), 5,80 m ; Melker Svärd Jacobsson, 5,65 m ; Simen Guttormsen (NOR), 5,60 m ; Pal Haugen Lillefosse (NOR), 5,60 m ; Cole Walsh (USA), 5,60 m.
Francis Laporte