Le Briviste Ilias Soussi face à son premier défi européen
Et si c’était l’année d’Ilias Soussi? Le cadet de l’Union Brive Judo Corrèze Limousin va participer pour la première fois de sa jeune carrière à une Coupe d’Europe, ce week-end, à Teplice (République tchèque).
C’est la récompense de son excellent début de saison qui l’a vu arriver en finale du test national de Marseille, puis, il y a deux semaines de celui organisé à Paris à l’institut national du judo.
Deux performances de choix au sortir d’une période de préparation rendue compliquée par la crise sanitaire. « Habituellement, on s’entraîne trois heures par jour du lundi au jeudi et deux heures en club le vendredi. Avec le Covid, on était tombé à deux heures du lundi au jeudi et on ne pouvait plus s’entraîner en club. On avait un contrôle de la température avant chaque entraînement, il fallait se désinfecter les mains et les pieds. On s’entraînait par groupe de poids pour limiter les contacts, les intervenants extérieurs n’étaient pas autorisés et on devait évidemment passer des tests PCR 48 heures avant chaque compétition », détaille le Briviste, membre du pôle espoir de Limoges.
Tout comme son jumeau, Farèce, Ilias a le judo dans la peau depuis qu’il est tout gamin.
« On était un peu turbulent. On s’était fait renvoyer de toutes les garderies de Brive. Il a fallu trouver un sport. On était trop jeune pour beaucoup de discipline, mais le club de judo nous a pris pour une séance. C’était notre dernière chance et ça a marché. Cela nous a permis de canaliser nos nerfs et notre trop-plein d’énergie », confie Ilias pour qui le judo « est bien plus qu’un sport. Il a permis de m’éduquer. »
Actuellement en première générale histoire-géographie, SES et maths au lycée Auguste-Renoir de Limoges, Ilias Soussi s’apprête à faire un saut dans l’inconnu ce week-end. « A part les deux tests nationaux, il n’y a pas eu de compétitions ces derniers mois, alors c’est dur de se situer. J’ai vu la liste de mes adversaires, mais je ne les connais pas. Il va falloir être bon dans l’analyse, vite comprendre à qui on a affaire ».
« Lui ne connaît pas ses adversaires, mais eux ne le connaissent pas non plus. Cela va être l’occasion pour lui de mettre un pied dans le haut niveau international. Depuis qu’il est gamin, il a dans un coin de sa tête d’être champion, de vraiment percer dans la discipline », prévient Jamal Solh, son entraîneur à l’UJBCL.
« Les JO? C'est le rêve de tout judoka »Pour ceux qui en douteraient, cette sélection pour la Coupe d’Europe n’est pas une fin en soi pour le Corrézien. « L’objectif est de se qualifier, c’est-à-dire de passer les deux premiers tours. Si je veux aller au bout, il faudra gagner cinq combats », ajoute celui dont les points forts sont la garde et la prise favorite le harai goshi.
Désireux d’explorer toutes les facettes de son sport - il est aussi commissaire sportif et arbitre -, Ilias Soussi quittera à la rentrée prochaine le pôle espoirs de Limoges pour le pôle France de Bordeaux avec l’idée d’intégrer plus tard l’INSEP. Et de, pourquoi pas, penser aux jeux Olympiques. « Les JO? C’est le rêve de tout judoka de haut niveau. On verra. Chaque chose en son temps. »
Emir Janfaoui au 25e rang mondial. Pour sa première sortie internationale, dimanche, à Sarajevo, Emir Janfaoui (UJ Brive CL) s’est classé cinquième de la catégorie des moins de 81 kilos, qui regroupait 29 judokas. Malgré une luxation du pouce au deuxième combat, qui l’a gêné par la suite pour saisir ses adversaires, il a réussi à atteindre les demi-finales après avoir battu par ippon le Hongrois Urodgi, le Serbe Kosovic et le Belge Duyck. Actuellement 25e mondial, Emir Janfaoui est sélectionné pour la Coupe d’Europe à Prague le 18 juillet.
Pascal Goumy