La livraison à domicile fait son nid à Riom (Puy-de-Dôme) avec UberEats et Lyveat
Depuis un an, les soirées riomoises ont souvent été rythmées uniquement par le ballet des livreurs UberEats. À vélo ou à scooter, ils ont assuré la livraison des repas de plusieurs restaurants du centre-ville pendant les confinements et les périodes de couvre-feu. Et le service a séduit aussi bien les utilisateurs que les restaurateurs.
Le nombre de restaurateurs a doubléLe nombre d’établissements faisant appel aux services de UberEats est en effet passé de sept à plus d’une quinzaine et le nombre de livreurs indépendants proposant ses services à la plateforme a, lui aussi, doublé, passant de 15 à 30. Et si au départ, l’application fonctionnait principalement dans le centre-ville de Riom, les commandes se sont multipliées à Enval, Mozac, Marsat et Ménétrol ces derniers mois.
"Surtout, ça nous a permis de travailler pendant ces sept mois de fermeture et de maintenir une vie après le couvre-feu. Ce n’était pas des grosses commandes, mais ça nous a permis de maintenir une activité."
Uzeyir Kaynak, gérant du Régal Kebab se réjouit, lui, de s’être créé une nouvelle clientèle grâce à UberEats, notamment les jeunes qui dorment à l’internat et qui ont pris l’habitude de se faire livrer leur repas de temps en temps.
Les restaurateurs trouvent toutefois à redire concernant le prix de la plateforme. Celle-ci prend une commission équivalente à 36 % TTC du prix de la commande. "Alors entre ce que je touche et ce que paye le client, il y a une grosse différence", regrette Dilek Irmak. "C’est sûr que c’est cher, mais il y a un vrai travail derrière", tempère toutefois Giacomo Falcone, du Cézanne.
Un concurrent français proposeune livraison jusqu'à 30 kilomètresFace au succès rencontré par cette application, un de ses concurrents français, Lyveat, a décidé de s’implanter à Riom, fin mai. Comme UberEats, la plateforme va faire appel à trois livreurs à vélo, en scooter ou en voiture, au statut d’autoentrepreneur, à la différence que ceux-ci toucheront 100 % des frais de livraison.
Pour démarrer, Lyveat sera disponible au Soleil levant, au Régal Kebab et au Cézanne, mais l’application, qui cible les villes de 5.000 à 60.000 habitants, espère pouvoir étendre sa carte rapidement.
"L’avantage, c’est qu’ils livrent dans un rayon de 30 kilomètres. Nous pourrons donc toucher des clients à Combronde, Châtel-Guyon, Volvic ou Aigueperse. Et puis ça fait un petit complément de revenus aux jeunes étudiants qui assurent la livraison."
Seulement, avec la réouverture des restaurants et le retour du beau temps, les commandes sont en baisse. Au Régal Kebab, elles sont ainsi passées d’une centaine par semaine à seulement quelques-unes. "Les gens étaient dans l’attente de pouvoir sortir de nouveau et profiter des terrasses, donc ça marche beaucoup moins depuis quelques semaines. On verra bien si ça repart à la rentrée, en septembre ou octobre", glisse Houcine Ghourabi, gérant du kebab le Délice.
Benjamin Oliveira, livreur UberEats à Riom
Passionné de vélo, Benjamin Oliveira, s’est lancé dans l’aventure UberEats l’année dernière. "Mes amis m’ont vendu la chose comme ça : tu pourras être payé à pédaler ! Je n’ai pas beaucoup hésité", sourit-il. Le jeune homme de 21 ans a alors entrepris les démarches pour devenir autoentrepreneur et a acheté son sac de livraison pour 70 €. "Je ne m’attendais pas à un tel prix !"
Des clients pas toujours reconnaissantsDepuis, le livreur se connecte midi et soir, le plus souvent possible. "J’essaye de le faire dès que je peux. Ce qui est pratique, c’est que je ne travaille que quand j’ai envie", glisse cet habitant de Ménétrol. Chaque "course" dure en moyenne 40 minutes et certaines sont plus sportives que d’autres :
"Quand il faut grimper jusqu’à Saint-Hippolyte, c’est dur ! Un client m’a d’ailleurs donné 20 € de pourboire quand il m’a vu arriver sur mon vélo..."
Tous les clients ne sont pas toujours aussi reconnaissants. Sans doute affamés quand le livreur toque à leur porte, il arrive à certains de faire subir leur mauvaise humeur au livreur. "Ils ne comprennent pas que, parfois, nous avons nous-mêmes attendu longtemps leur plat ou simplement qu’on ait pu être victime d’une crevaison !"
Pour autant, ce sportif aime son travail. "La seule chose, c’est que maintenant, il y a tellement de livreurs que nous n’avons pas assez de commandes. Il m’est arrivé de me sortir un Smic, en comptant mes pourboires, mais là je suis plus autour de 400 €." Benjamin Oliveira essaie donc de multiplier les courses pour faire grimper son compteur de kilomètres… et ses revenus.
Jeanne Le Borgne