Fin du masque à l'extérieur : enfin l'heure du sourire retrouvé
Depuis plus d’un an, le mercredi, c’est jour de conseil de défense sanitaire et la France a fini par s’habituer à la gravité de ces compte-rendus faits de chiffres dans le rouge et de lendemains tout gris. Oui, aujourd'hui, c’est mercredi, mais il est permis de sourire. Enfin. Et même de retrouver le sourire, au sens littéral, puisque les masques vont tomber à l’extérieur. Dès demain. Jean Castex l’a annoncé lors d’une conférence de presse express d’une douzaine de minutes, qui viennent refermer cette parenthèse si longue, si triste, sinistre, au cours de laquelle on a pu mesurer tout ce qui manque à un visage quand on en cache la moitié.
Certes, il faudra conserver le masque dans les espaces clos et « dans certaines circonstances » en extérieur, souligne l’exécutif, en citant « les lieux bondés, les regroupements, les marchés ».
Premier pas vers "une vie normale"Mais voilà qui marque un vrai pas vers « le retour à une vie normale », selon Jean Castex, qui se voit au passage accorder le droit d’annoncer une bonne nouvelle après avoir souvent été abonné aux mauvaises depuis son arrivée à Matignon. Une accalmie générale Ces derniers jours, le sujet a provoqué quelques menus flottements au sommet de l’État. Lundi, un assouplissement du port du masque était anticipé « sous conditions » par le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, vite recadré par Olivier Véran assurant qu’« aucune décision n’était prise ». Traduction : il était urgent d’attendre le conseil de défense et la communication devait revenir à Matignon. Idem pour le couvre-feu à 23 heures, qui sera levé dès ce dimanche, et non le 30 juin, tel que le prévoyait initialement le plan de déconfinement.
"La situation s'améliore plus vite que prévu"Si le gouvernement s’autorise aujourd’hui à desserrer la vis, c’est que « la situation sanitaire s’améliore plus vite que nous l’avions espéré », justifie Jean Castex. Jusqu’à présent, le virus frappait l’Hexagone de façon très hétérogène, donc très peu prévisible. Cette fois, l’accalmie semble générale, à l’exception de la Guyane, où la « vigilance », reste de mise. En France métropolitaine, sur la moyenne des sept derniers jours, 3.200 cas positifs sont comptabilisés. Donc bien en deçà du fameux seuil des 5.000 cas que l’Élysée avait, dès décembre, posé comme préalable au déconfinement.
Moins de 2.000 patients en réanimationPar ailleurs, dans les hôpitaux, les services de soins critiques accueillent depuis mardi moins de 2.000 patients. Une première depuis octobre 2020. Enfin, la campagne de vaccination, dont les retards à l’allumage avaient été moqués au printemps, a finalement tenu son calendrier prévisionnel et plus de 30 millions de personnes ont reçu une première dose. Signe que la pandémie n’est pas encore un souvenir, Jean Castex a tout de même précisé hier qu’il n’était temps ni d’assouplir « les règles de jauge » ni le protocole prévu pour la fête de la musique. Retrouver la vie d’avant, mais pas trop vite…
Stéphane Vergeade