Le dernier marché avant le scrutin, passage obligé pour les candidats du canton de Brioude (Haute-Loire)
Les candidats à l’élection départementale sur le canton de Brioude ne pouvaient pas, ce samedi 12 juin, manquer leur dernière occasion de faire campagne sur le marché de la ville centre.
Plus speed qu'en porte à porteEntre les étals et les terrasses pleines de Brioude, les deux binômes en course et leurs sympathisants ont donc logiquement usé leur salive et leurs semelles pour aller à la rencontre des électeurs acquis ou potentiels, à quelques jours du scrutin du 20 juin.
Il faut se mobiliser si vous voulez du changement. Vous êtes motivés pour aller voter ?
Christophe Bédrossian interrogeait, en tendant un tract à un passant, rue Jules-Maigne. « Le marché c’est un peu speed. Je préfère le porte à porte », confiait le candidat. Sa colistière sur la liste divers gauche et écologiste, Juliette Tilliard Blondel, s’avouait agréablement surprise :
Il y a de la discussion, de l’échange, contre toute attente. On fait aussi le tour des communes, où on a eu de très bons échanges avec les conseils municipaux.
Sur le marché, la candidate était cependant partagée. « Il y a une méconnaissance du rôle du conseil départemental. » Et plus particulièrement de l’importance de sa compétence solidarité. Christophe Bedrossian, de son côté, ne cachait pas constater une certaine « désillusion politique » parmi les personnes approchées. « Certains nous mettent tous dans le même sac… »Christophe Bédrossian et Juliette Tilliard-Blondel
Troublant embouteillage électoralS’ajoutait à cela la question du double scrutin, départemental et régional, du 20 juin. Un embouteillage électoral pointé par des soutiens du binôme, Marie-Christine Deguy et Anne Barrois, conseillères municipales brivadoises d’opposition : « On parle beaucoup des régionales, mais pas beaucoup des départementales… » De quoi justifier cette présence des candidats sur le marché. « C’est bien que l’on soit en groupe, les gens veulent nous voir pour discuter. » Et pour Anne Barrois, cette présence pouvait permettre de convaincre des indécis, voire pousser certaines personnes à aller voter.
Un scrutin qui devrait se jouer au premier tourPlace Lafayette, Sophie Courtine et Michel Bergougnoux, conseillers sortants de la majorité départementale, candidats à leur succession, se sont séparés le temps d’un passage sur les terrasses des cafés. Un samedi matin sans accroc pour la première : « On n’a pas eu de gifle ou de tarte à la crème… »
Le binôme, qui estimait avoir été bien reçu tant sur le marché qu’en réunions publiques, affichait néanmoins une inquiétude, partagée par la liste adverse, pour ce scrutin qui devrait se jouer en un seul tour sur le canton : l’abstention. Sophie Courtine s'inquiétait :
On sent bien qu’il n’y a pas un engouement énorme. Surtout pour cette élection départementale
« Les gens s’imaginent qu’il y a aura deux tours. Mais tout peut se jouer dès le premier comme il n’y a que deux listes. Il faut que celle en tête ait un nombre de suffrages égal à au moins 25 % des électeurs inscrits », rappelait Michel Bergougnoux.Sophie Courtine et Michel Bergougnoux
La question des personnes âgées et de la dépendanceAu fil de leurs échanges, les deux candidats ont vu poindre quelques thèmes phares. « La question des personnes âgées et de la dépendance. Cela fait partie du social, la première compétence du Département. Après, les gens nous posent des questions qui nous amènent à parler des autres compétences ; les collèges, les routes… »
Les gens parlent surtout de la crise et de ce que fait le Département.
Jean Hadjouti-Gaillard, conseiller municipale de Brioude, les aidait dans leur distribution sur le marché. « C’est un passage obligé. C’est là qu’on voit le plus de gens. »
Pierre Hébrard