Corrèze demain mise sur le lien entre communes et département dans le canton de Brive 3
Le canton de Brive 3 est une exception et Gérard Soler, le maire de Cosnac, entend bien la souligner en le qualifiant de "semi-rural", terme qu'il préfère de loin à périurbain.
Car Brive 3 est le seul des quatre cantons de Brive à s'étirer plus loin que les limites de la commune, englobant celles de Cosnac et de la Chapelle-aux-Brocs. Une extension qui, à l'entendre, ne figure pas clairement sur le matériel de campagne de ses opposants. "En tant que maire de Cosnac, ça m'a dérangé et quelques habitants nous en ont parlé."
Le semi-rural en forceIl faut dire que dans le quatuor de Corrèze demain pour Brive 3, les deux communes, qui pèsent tout de même 2.441 électeurs inscrits pour Cosnac et 390 pour La Chapelle-aux-Brocs, soit un tiers de l'électorat potentiel du canton (8.295 inscrits), marquent leur présence : les maires de deux communes sont candidats, titulaire pour Gérard Soler et suppléant pour Michel Beril.
Côté briviste, le maire, Frédéric Soulier, s'est impliqué en personne dans la campagne (comme pour les trois autres cantons de Brive) et c'est sa deuxième adjointe, Sandrine Maurin, également vice-présidente sortante du conseil départemental, qui complète le binôme de tête, avec une autre Briviste, Marie Pargoux (professeure à l'ensemble scolaire Edmond-Michelet), comme suppléante. "On a fait du porte à porte avec Frédéric Soulier, les gens sont contents de voir le maire", souligne Sandrine Maurin.
"Nous proposons une représentation intéressante du canton, estime Gérard Soler. Les gens ont besoin de cette proximité avec leurs élus."
Le lien entre commune et département"Pour bien accrocher les wagons, l'idée du département, c'est de faire le lien avec la commune, résume Gérard Soler. La Région est loin, on n'en représente que 4%, d'où l'idée d'avoir un Département proche."
L'équipe de Corrèze demain se présente donc comme un relais entre les collectivités locales (les trois communes et l'agglo de Brive) et le conseil départemental.
Deux sortants qui s'appuient sur leur bilanLe duo refuse la place de favori que lui donne sa qualité de sortant. "On ne part pas gagnant, ça n'a pas d'intérêt, coupe Gérard Soler. Mais c'est vrai que le Département n'a pas à rougir de son mandat et que lorsque l'on est sortant, on connaît les rouages." Le quatuor de Corrèze demain rappelle que, lors des six dernières années, "l'aide aux communes a été augmentée", et "beaucoup de rénovation de voiries et d'infrastructures n'auraient pas été réalisées sans l'appui du Département".
Ce qui ne les empêche pas de souhaiter "aller encore plus loin", notamment avec le plan Corrèze de rénovation énergétique 1 euro, l'accompagnement des jeunes, des anciens et des plus fragiles, l'amplification du dispositif "Boost emploi"...
Pour cela, "on va bénéficier de ce qui est déjà en place, comme l'Instance pour l'autonomie qui est déjà très active et prend de l'essor", assure Sandrine Morin.
"Nous voulons aussi amplifier les moyens de détection des personnes qui ont le plus besoin d'être accompagnées. Certains n'osent pas, ou ne savent pas qu'ils peuvent être aidés."
Désintérêt et naïvetéMême si les territoires ruraux s'abstiennent moins que les zones urbaines, c'est cette inconnue de la participation qui inquiète le quatuor. Quant à l'adhésion aux idées défendues par le Rassemblement national, le quatuor préfère ne pas en parler. "C'est leur donner de l'importance, balaie Gérard Soler. Je regrette que leurs candidats ne soient pas capables de s'afficher. Et ils profitent de la naïveté : la sécurité n'est pas une compétence du département."
Pomme Labrousse