Ce qu'il faut retenir avant le premier tour des départementales en Corrèze
La participation La question taraude tous les candidats. Les électeurs et électrices corréziens vont-ils se déplacer jusqu’aux bureaux de vote ? Lors des départementales de 2015, six sur dix l’avaient fait, un score vécu comme un sursaut civique, à l’époque.
Seulement voilà, c’était avant la crise sanitaire. Celle-ci a eu un impact important sur l’expression démocratique lors des municipales de mars 2020 : 56 % de participation, 20 points de moins qu’en 2014 !
La configuration n’est cependant pas la même. Les municipales se sont tenues juste avant le premier confinement, alors que l’épidémie explosait. Aujourd’hui, la troisième vague est derrière nous, même si les restrictions sanitaires ont empêché une campagne électorale « normale ».
Parce qu’il se tient en même temps que les régionales, ce scrutin départemental semble être passé au second plan, d’autant plus qu’au niveau national, la perspective de la présidentielle de 2022 alimente en continu le débat public.
Ajoutez à cela le beau temps, la liberté retrouvée, l’Euro de football, l’approche des vacances d’été ou des limites cantonales mal connues… la crainte d’une abstention record est dans toutes les têtes.
Désunion et union chaotiques à gauche Le moins que l’on puisse dire, c’est que la gauche envoie un message peu lisible pour ces élections, y compris au sein de l'union entre le PS et le PCF, celui-ci ayant décidé d'aligner ses propres candidats sur Brive 1 et Seilhac-Monédières.
La gauche présente le plus grand nombre de candidats, mais dans le même temps, elle a été incapable de présenter un quatuor sur Midi corrézien, le canton du président sortant, Pascal Coste !
La situation est encore plus indéchiffrable sur deux cantons de Brive, où les plaies des municipales de 2020 (la dissidence de Shamira Kasri face à la liste PS/PCF) ne sont pas refermées.
Les écologistes ont eux claqué la porte des négociations avec le PS et le PCF, mais ne sont présents que dans neuf cantons.
La haute Corrèze et les cantons de Saint-Pantaléon-de-Larche et de Naves, sont les seuls où la gauche se présente en un seul bloc. Leurs résultats seront expertisés.
L’effet Claude Chirac pour Corrèze demain Certains y voient une nouvelle expression de cette capacité corrézienne qui permet à ce département de jouer à la fois sur le local et le national.
La candidature de Claude Chirac sur Brive 2 attire l’attention de tous les médias nationaux et permet à Corrèze demain, regroupement de la droite et du centre droit, de revendiquer l’héritage chiraquien.
Fort de son bilan, Pascal Coste, qui a réussi jusque-là à bien séparer sa double candidature (départementales et régionales) espère engranger la traditionnelle prime aux sortants.
Même si sa majorité peut perdre des cantons (Argentat, Haute Dordogne, Millevaches, Uzerche), elle espère faire basculer Allassac, l’Yssandonnais, Sainte-Fortunade et Brive 1.
Le pouvoir de nuisance du RN. Même si la fédération départementale souffre d’un déficit chronique de cadres et a dû gérer des propos racistes tenus sur les réseaux sociaux par des candidats, le parti d’extrême-droite sait que son électorat est l’un des plus mobilisés.
Le RN espère garder la dynamique des européennes de 2019 (21,35 % des exprimés) et capitaliser sur tous les mécontentements du moment pour se maintenir au deuxième tour, en imposant un maximum de triangulaires ; il n’y en avait eu aucune en 2015.
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Eric Porte