Fin du masque en extérieur, levée du couvre-feu : quels sont les risques ? Et que font nos voisins ?
La levée des restrictions a été avancée par l'exécutif. Voilà ce qu'en pense un spécialiste de santé, le professeur Laurent Gerbaud, chef du service de santé publique au CHU de Clermont-Ferrand.
Fin du port du masque en extérieur : bonne idée ?Les faits : À partir de jeudi 17 juin, le port du masque en extérieur ne sera plus obligatoire.
Laurent Gerbaud : " Croiser quelqu'un dans la rue, malade, qui tousse, le risque de contamination est nul. Dans la rue, il s'agissait plus d'une façon d'imposer le port du masque que de freiner la propagation. Par contre, il faut toujours faire attention dans les situations d'hyperventilation. C'est la respiration qui transmet, pas la parole. En Allemagne et aux États-Unis, en intérieur, ils suppriment le masque si tout le monde est vacciné".
Une quatrième vague est-elle possible ?Les faits : Fin du masque en extérieur, fin du couvre-feu à partir de dimanche. La menace d'une nouvelle vague est-elle totalement à écarter ?
Laurent Gerbaud : " Nous passons sous la barre des 2.000 patients en réanimation et c'est une vraie bonne nouvelle. Le risque de saturation des hôpitaux existe toujours cependant, parce qu'il reste beaucoup de personnes fragiles non-vaccinées, comme les personnes âgées à domicile. Même avec une vaccination massive, on s'attend à avoir des gens hospitalisés pendant 3 à 6 mois, sans saturation. Actuellement, ce sont les services suite et réadaptation qui sont saturés. Certains patients ont encore besoin de kiné-respiratoire six mois après le Covid".
" Nous sommes dans la période la moins bonne, parce que le virus circule, mais en plus, il y a une pression de sélection. C'est-à-dire que ce sont les variants les plus costauds qui restent. C'est pour ça qu'il faut vacciner le plus vite possible pour ne pas leur laisser le temps de se propager. C'est maintenant que se gagne la normalisation de la rentrée prochaine. La levée des restrictions à la fin du mois ne me fait pas peur. Par exemple, d'après nos études, les transmissions étudiantes ne se sont faites qu'à 6 % pendant les pauses".
L'Angleterre repousse la levée des restrictionsLes faits : Lundi 14 juin, l'Angleterre a repoussé de quatre semaines la levée des restrictions à cause de la propagation du variant delta.
Laurent Gerbaud : " Ça chauffe. Le variant delta a l'air assez insensible au vaccin AstraZeneca. Ce qui explique la situation en Grande-Bretagne. En France, nous sommes à 58% de personnes ayant reçu une dose. Il faudrait atteindre 85%. Et il faut vacciner vite, parce que ralentir la propagation, c'est ralentir l'apparition de variants".
La Bulgarie décroît sans vaccinerLes faits : Pays le moins avancé sur la vaccination, la Bulgarie connaît pourtant un fort recul de l'épidémie.
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Laurent Gerbaud : " Il faut regarder l'évolution des comportements sociaux. Cette épidémie marche par vagues successives. Taïwan, par exemple, l'un des premiers pays à contrer la propagation, a aussi connu une nouvelle vague. C'est une propagation un peu particulière par rapport à la grippe. Très discontinue. En fait, il faut un ensemble de facteurs. Il faut une personne "super-transmetteur" (personnes âgées, obèses, intensité de la maladie...) dans une situation super-transmetteuse (repas, lieux mal ventilés...)". Propos recueillis par Simon Antony
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