De passage à Guéret (Creuse), l'ancien ministre Dominique Bussereau regrette le manque d'ambition du gouvernement en matière de décentralisation
Il a pris sous son aile Valérie Simonet au sein de l'Assemblée des départements de France, dont il est le président : Dominique Busserau, ancien ministre et actuel président du Département de la Charente-Maritime, était jeudi 10 juin à Guéret pour soutenir la présidente sortante du département de la Creuse.
Retour en grâce du départementComme Valérie Simonet s'y est employée dans son discours juste avant lui, le président de l'Assemblée des départements de France n'a pu s'empêcher de se satisfaire du retour en grâce du département au sein du millefeuille territorial français.
« En faisant de très grandes régions, le gouvernement, qui voulait plus ou moins tuer le département, lui a redonné un espace politique. Et l'attachement (des Français) s'est renforcé avec la crise sanitaire. »
« Quand il n'y avait pas de blouses, pas de masques, pas de moyens de protection pendant la crise au printemps (2020), tout le monde a fait le boulot mais c'est le département qui était en première ligne », a-t-il ajouté.
Déception sur le projet de loi 4DL'ancien ministre n'a en revanche pas caché sa déception sur le futur projet de loi 4D, nouvel acte de décentralisation, qui permet de « petites » améliorations, mais sans apporter de changements de fond.
« Par exemple on avait demandé beaucoup de choses en matière sanitaire, a-t-il révélé à la fin de la réunion publique. En particulier, être associé à la gouvernance des ARS (agences régionales de santé) : ça n'apparaît pas comme nous le souhaitions. On a proposé au gouvernement de reprendre la médecine scolaire parce qu'avec la protection maternelle et infantile (PMI), on pouvait faire un grand service médical dans chaque département qui allait de l'enfance à l'adolescence : ça aussi, on ne l'a pas eu. [...] On n'est pas assez décentralisateur. Et je ne suis pas contre l'État : il faut au contraire fortifier le niveau de l'État départemental, qui n'est plus assez puissant pour nous répondre et gérer les choses avec nous. »
Daniel Lauret