Edition spéciale : Joe Biden et Vladimir Poutine se rencontrent à Genève
Pour la première fois, les présidents américain et russe, Joe Biden et Vladimir Poutine, s'entretiennent ce 16 juin à Genève en Suisse dans un contexte particulièrement tendu. D'après la Maison Blanche, l'objectif de cette rencontre est de rendre les relations entre les deux pays plus «stables et prévisibles» là où Vladimir Poutine espère que des «mécanismes de coopération» soient mis en place dans plusieurs domaines. Les deux partagent un constat commun : les relations entre les deux pays sont «au plus bas».
Joe Biden et Vladimir Poutine se retrouveront à la villa La Grange, une bâtisse du XVIIIe siècle située au cœur de la ville de Genève. Selon le Kremlin, les discussions débuteront à 13h (11h GMT) et devraient durer entre quatre et cinq heures. Au programme : une rencontre en format réduit (les présidents américain et russe ainsi que les chefs de la diplomatie Antony Blinken et Sergueï Lavrov) avant une séance de travail élargie.
Les sujets de désaccord sont nombreux : Ukraine, Biélorussie, Alexeï Navalny, cyberattaques, rapprochement de l'OTAN, etc. Washington a sanctionné Moscou à plusieurs reprises et la Russie a répondu par des contre-sanctions, jugeant néanmoins qu'il n'était dans l'intérêt de personne de se livrer à une telle politique. Autre signal fort : les deux Etats n'ont plus d'ambassadeurs dans leurs capitales respectives.
Des rencontres préparatoires «constructives» mais pas de conférence de presse commune
La rhétorique américaine consiste à dénoncer le comportement «agressif» de la Russie qui rejette de son côté toutes ces accusations et qui dit n'aspirer qu'à un dialogue «honnête» dans le respect de ses intérêts nationaux. Le président Joe Biden, qui vient de participer à un sommet de l'OTAN, a annoncé le 14 juin qu'il allait dire franchement à son homologue russe quelles étaient les «lignes rouges» à ne pas franchir. De son côté, le chef de la diplomatie russe a estimé le 9 juin que «la normalisation des relations russo-américaines [...] n'était possible que si les principes d'égalité, de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures» étaient respectés, ajoutant que pour «danser le tango», il fallait être deux.
Si les rencontres préparatoires à ce sommet ont été jugées «constructives» des deux côtés, notamment le premier face à face, en mai, entre Sergueï Lavrov et son homologue américain Antony Blinken qui a eu lieu en Islande, les deux dirigeants s'exprimeront à l'issue de cette rencontre chacun de leur côté sans tenir de conférence de presse commune.