Chiffres, variants, couvre-feu... Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse d'Olivier Véran
Gabriel Attal avait préparé les esprits mercredi. Face aux variants anglais et sud-africain du Covid-19, le couvre-feu permet certes de pondérer les courbes mais il n'est "pas suffisant", selon le porte-parole du gouvernement. Ce constat, Olivier Véran l'a confirmé, ce jeudi 28 janvier, lors d'une conférence de presse destinée, selon lui, à poser "en transparence" les "enjeux du moment" alors que des décisions devront être prises "dans les prochains jours", a-t-il averti.
1. Pas de vague épidémique mais...La séquence est singulière : si la France n'est aujourd'hui pas confrontée à une progression "exponentielle" du virus telle qu'elle l'avait connue en mars ou l'automne dernier ou telle que d'autres pays européens la vivent depuis début janvier, l'inquiétude n'en est pas moins vive.
Olivier Véran évoque ainsi un "plateau montant" imageant une progression lente mais constante du nombre de cas. Plus de 20.000 sont diagnostiqués chaque jour et cela augmente d'environ 10 % par semaine depuis trois semaines", observe le ministre de la Santé.
Par ailleurs, si le territoire a un temps paru coupé en deux avec une frange Est sensiblement plus touchée par l'épidémie que l'Ouest, ce constat ne vaut plus et "la dynamique s'est équilibrée".
Bilan : "le virus circule à un niveau élevé" et cela se traduit par "une tension hospitalière qui augmente. Plus de 3.100 patients sont aujourd'hui en réanimation". Le confinement d'octobre avait été installé alors que la barre des 3.400 patients en réanimation avait été atteinte.
2. Le couvre-feu ne suffit plusCertes, la décision d'avancer le couvre-feu à 18 heures sur l'ensemble du territoire a été "utile", d'après Olivier Véran. Sauf que cette mesure permet de pondérer l'épidémie dans sa version classique, mais pas dans sa version mutante.
Les variants anglais et sud-africain ont en effet brutalement changé la donne. Plus de 2.000 patients atteints par ces variants sont comptabilisés aujourd'hui, contre 500 début janvier. A l'aube de la saison 2, l'objectif est donc d'"éviter une épidémie dans l'épidémie".
3. Et maintenant ?Pendant deux jours, l'exécutif consulte à tout-va les scientifiques, élus et partenaires sociaux. Si de nouvelles décisions seront arrêtées "dans les prochains jours", les hypothèses restent dans le secret du conseil de défense et le calendrier n'est, lui non plus, pas précisé. Confinement allégé comme à l'automne ou "serré" comme au printemps, selon les mots de Gabriel Attal ?
D'un point de vue politique, l'arbitrage est complexe. D'abord parce le gouvernement redoute "les conséquences psychologiques" d'un nouveau durcissement, selon Olivier Véran. Ensuite parce que la situation sanitaire n'est pas la même que lors des deux premières mises sous cloche. Alors, les courbes soulignaient avec évidence la flambée épidémique. Et rendaient évident le confinement.
Cette fois, l'exécutif doit convaincre que c'est précisément pour se prémunir d'une troisième vague qu'il se résout à serrer la vis. Alors que la capacité des Français à accepter un nouveau confinement est questionnée, le gouvernement redoute forcément que la situation sanitaire moins lisible rende son discours moins audible.
Stéphane Vergeade