Condamné à quatre ans de prison pour un viol qui ne dit pas son nom à Brive
Si le dossier d’agression sexuelle sur conjoint de ce jeudi 28 janvier, a été jugé par le tribunal correctionnel de Brive, ce n’est que par pur « pragmatisme ». Car dans les faits, cette affaire était bien celle d’un viol, où un homme a forcé son ex-compagne à un acte de pénétration. Ce quadragénaire aurait donc pu se retrouver devant une cour d'assises.
Les faits se sont produits le 22 décembre 2018. Officiellement séparé depuis le mois de novembre, Omer Kocagol avait exercé ce jour-là son droit de visite pour voir ses trois enfants. Après les avoir redéposés le soir à 18 heures, l'homme de 41 ans aujourd’hui, était rentré chez lui. Mais après l’envoi de SMS, il était revenu au domicile de son ex-compagne, le lieu de l'agression.
Plusieurs versions des faits pour le prévenu« Elle fait des crises d’épilepsie, quand elle n’a pas répondu, je me suis rendu chez elle, vers 23 heures. Là, nous avons parlé 30 minutes sur le palier, on a commencé à se tenir la main, puis il y a eu des caresses. Nous avons fait l’amour sur le tapis du salon. Elle était sur le dos », a expliqué le prévenu à la barre. « Le problème répond la présidente, c’est que votre version ne correspond en rien à votre dernière audition au commissariat, qui n’était déjà pas la même que la précédente. »
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Durée de la discussion, positions sexuelles durant l’acte, raison de sa venue : rien n’est constant dans ses déclarations. « En revanche, la victime, elle, n’a jamais changé de version », relève la représentante du parquet, Emilie Lasbats.
Un traumatisme physique et moralEn effet, ce soir du 22 décembre, la victime a décrit avoir subi une balayette, puis s’être retrouvée sur le tapis allongée de manière contrainte, avant que son agresseur ne la pénètre. Elle gardera le silence pour ne pas réveiller les enfants et, une fois le sévice fini, exhortera son ex-conjoint de quitter les lieux.
Après son départ, elle contactera ses proches et la police. Une expertise médicale, relevant plusieurs hématomes, et un examen psychologique quelques semaines après les faits, démontrant une tendance chez cette mère de famille à la dépression, lui donneront du crédit.
« Correctionnaliser, ce n'est être clément »Autre élément accablant, les SMS retrouvés sur le téléphone du mis en cause. Près d’un millier de messages qui parlent des enfants, de leur couple, de leur séparation. L’heure n’était pas à la séduction ce soir-là. « Monsieur veut nous faire croire qu’après des messages de rancœur dans la soirée, où il la traite de fille facile, messages auxquels elle ne répond pas, leur relation est devenue charnelle. Il n’y a que lui pour y croire », souligne Émilie Lasbats, substitue du procureur, qui a requis quatre ans de prison ferme avec mandat de dépôt. « Correctionnaliser, cela ne veut pas dire être clément, les faits sont graves ». Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet.
Pierre Vignaud