Ils sont DJ, coach sportif ou gérant de bar près d'Issoire et changent d'activité... en attendant une reprise
Depuis bientôt un an, leur activité tourne au ralenti. Pour certains, elle n'a même jamais repris. Que font ces patrons qui travaillent dans l’événementiel ? Ces coachs sportifs qui donnent des cours dans les salles de sport ? Ou ces serveurs qui attendent désespérément la réouverture des restaurants ? Quelques-uns changent de voie. Une « reconversion » temporaire, indispensable moralement, parfois financièrement. Pour d’autres, elle est définitive.
Bertrand, DJ, se dirige vers l’esthétique autoBertrand Martin chez lui, à Brassac-les-Mines.
Un métier passion et un parcours d’autodidacte. À 40 ans, Bertrand Martin est DJ professionnel depuis plus de 15 ans et DJ résident dans plusieurs clubs du département : le Buron à Super Besse, le Middle Night à Clermont-Ferrand ou encore l’Hacienda à Saint-Yvoine. Le Brassacois sait que les clubs ne remettront pas le son de sitôt.
Cathy et David Quittanson ont acheté un bar, brasserie, loto et PMU à Champeix, en juillet dernier. Lui a quitté l’agriculture pour sa deuxième passion, la cuisine. Elle a laissé les saisons dans le Sancy pour développer cette nouvelle affaire, stoppée net dans son élan par le deuxième confinement. Elle raconte :
Le premier confinement n’était pas évident comme tout le monde, mais on était motivés par ce nouveau projet. Le deuxième nous a anéantis. On était déboussolés. Les fêtes de fin d’année nous ont redonné un peu d’élan. On s’est dit qu’il fallait bouger, faire quelque chose car on allait péter les plombs.
Il y a l’aspect financier bien sûr, avec des aides qui ne tombent pas toujours à temps, mais surtout le moral. « Pour notre fille aussi, il fallait retrouver un rythme, qu’elle revoie sa nounou, etc. Avec le travail, tout le monde va mieux », sourit la maman en regardant Rosalie, 2 ans et demi, courir au milieu de la salle en travaux.
Car David est en train de réaménager la cuisine du restaurant. Cathy, elle, a retrouvé un temps partiel chez son ancien employeur, qui a une boutique à Brassac-les-Mines. Jusqu’à fin février, pour l’instant. « Ça ne fait pas tout de travailler chez les autres, car ce qu’on voudrait, c’est travailler chez nous. On a fait une croix sur février et mars. On espère vraiment rouvrir au printemps », avance le couple.
Cyril, spécialiste évènementiel et mariage, travaille sur des chantiersMontage de chapiteaux pour les bals, location de vaisselle pour les mariages ou de matériel pour les marchés de Noël ou les repas dansants... C’est une année blanche ou presque pour l’entreprise de Cyril Braut, Dancing Auvergnat, basée à Auzat-la-Combelle.
« Pour me dégager un revenu, il a fallu trouver un deuxième boulot. Dans un secteur qui n’est pas à l’arrêt comme celui des salles de sport », résume Jessy Parent, 30 ans. Coach en musculation et en fitness, l’autoentrepreneur donne toujours quelques cours en ligne aux adhérents du Samouraï, à Issoire. En plus, le Clermontois livre les repas des restaurateurs via l’application UberEats.
« Depuis mars, c’est très long. On cherche ce qu’on peut faire. Ma mère rêve d’ouvrir son magasin de bonbons et j’ai toujours aimé le contact avec la clientèle. L’entreprise est créée, on a commencé sur internet et on attend confirmation pour un local, à Issoire », détaille la jeune femme en croisant les doigts pour qu’il n’y ait pas un nouveau confinement.
Du positif aussi. Comme tous les restaurants d’Issoire, Chez Mémé, ouvert depuis septembre 2019 rue de la Berbiziale à Issoire, a dû fermer ses portes une deuxième fois, fin octobre. Il n’a pas rouvert depuis. Pas parce que les gérants ont lâché l’affaire ou préparent une reconversion, mais parce qu’il y a aussi d’heureux événements. Un petit Louis est né le 2 novembre. « On avait prévu d’arrêter un mois, puis de reprendre début décembre. On a décidé d'en profiter un peu plus longtemps, explique Léa Roumaneix-Conti. On s’est rendu compte qu’un mois, ça aurait été vraiment court ! » Le couple a aussi mis à profit ce moment pour repenser la reprise de début février : « Cette fois, nous allons utiliser des bocaux consignés pour la vente à emporter. » La jeune maman sourit : « On a eu le temps de trouver notre rythme en famille et on a aussi envie de revoir nos clients. Tous ne savent pas que nous avons eu un enfant ! »
Marielle Bastide