À Riom, ces mères de famille ont troqué la voiture contre le vélo, même en hiver
Tous les matins, Caroline Gelot prend son vélo électrique pour aller travailler. Dans sa remorque, elle embarque ses jumeaux et dans sa roue, sa fille de six ans, Marilou. Premier stop : l’école Maurice-Genest, où l’aînée gare son vélo dans un local dédié avant de rejoindre sa maîtresse. "C’est bien pratique, je n’ai pas à tourner pour me garer", commente la mère de famille.
Direction ensuite la crèche collective de Riom, rue Amable-Faucon. "En général, sur la piste cyclable, je double tous les autres parents qui font le même chemin en voiture", rigole fièrement Caroline Gelot. Sur place, elle laisse la charrette pour son mari, qui viendra récupérer les enfants le soir. Puis elle pédale en direction de son travail, à Mozac.
"C’est mon moment de décompression"Depuis près de six ans, Caroline Gelot a laissé sa voiture au garage pour ne se déplacer qu’à vélo. Et ce par tous les temps.
"Je ne prends plus la voiture. Même mes courses, je les mets dans ma charrette?! Au final, je trouve cela plus pratique et rapide."
Et pour pratiquer au quotidien, la mère de famille s’est équipée : vélo électrique, cape imperméable, sur-pantalon de pluie, bonnet, gant, casque, gilets fluorescents… "Mes collègues se moquent souvent de moi quand ils voient que, sous tout cet attirail, je suis en jupe?!", plaisante-t-elle.
Son mode de déplacement intrigue parfois, surtout quand elle ne change pas ses habitudes malgré la neige. "Quand on a commencé, on ne peut plus s’en passer?! Ça fait vraiment du bien de prendre cette bouffée d’air en sortant du travail, surtout actuellement avec le masque sur le nez toute la journée. C’est mon moment de décompression", souffle-t-elle. A tous ceux qui souhaiteraient se lancer, elle conseille de ne pas avoir peur et de bien s’équiper : "Après, tout roule?!"
Une habitude familialeComme elle, Sandra Gillet a fait le choix du deux-roues en août dernier, motivée par l’aide Coup de pouce Vélo mise en place par Riom Limagne et Volcans (RLV). Depuis, elle ne se déplace plus que par ce moyen de locomotion. Le matin, elle emmène ses deux enfants à l’école avec son vélo cargo électrique. Dans leur petite cabane en bois, situé à l’avant du vélo, ils ont suffisamment d’espace pour se glisser à quatre, peuvent s’attacher à l’aide d’une ceinture de sécurité et sont protégés par une housse en plastique en cas de pluie. "Les jours où je n’ai pas les enfants, je prends le VTT pour aller travailler à l’hôpital, précise Sandra Gillet. C’est quand même plus simple. Au final, le vélo, c’est bien pratique. Si je sors la voiture une fois du garage tous les quinze jours, c’est bien le maximum?!"
"Je ne voulais pas habituer mes enfants à avoir le réflexe de la voiture"Au guidon de son biporteur doublé, Aurélie Rouzade a, elle, toujours eu la fibre vélo. Depuis ses quinze ans, elle ne se déplace qu’avec ce moyen de locomotion. Pour aller au lycée d’abord, puis à la fac, au travail et aujourd’hui à l’école de ses quatre enfants. Son vélo a grandi en même temps que sa famille." Je ne voulais pas habituer mes enfants à avoir le réflexe de la voiture, indique-t-elle. Quand on reste dans Riom, on prend le vélo?! Cela permet de faire un peu d’effort physique. C’est intéressant d’un point de vue écologique et surtout, on va moins vite. Alors on prend le temps d’observer notre environnement."
Toutes trois sont tout de même catégoriques : "La ville n’est pas faite pour les vélos?!""À Riom, les pistes cyclables ne sont pas continues et il faut jongler entre routes et trottoirs", regrette Caroline Gelot. "Il y a même un endroit où vous vous retrouvez au beau milieu d’une terrasse d’un café?!", renchérit Aurélie Rouzade. Pas de quoi décourager ces mamans à deux roues pour autant?!
Jeanne Le Borgne