Corrèze : actions coup-de-poing des agriculteurs en grandes surfaces pour demander des prix plus rémunérateurs
Ambiance tendue ce jeudi 28 janvier au Leclerc de Tulle et au Super U de Laguenne dans lesquelles se sont invités des agriculteurs à l'appel de la FDSEA et des JA.
Une opération destinée à mettre en lumière " les prix dérisoires auxquels sont payés nos produits ". Des prix " largement en-dessous des coûts de production ".
La trentaine d'agriculteurs a apposé sur plusieurs produits des étiquettes comparatives. " Sur le porc, le coût de production est de 1,57 € le kilo, et le prix payé par les centrales d'achat est de 1,20 €. Pour le lait, c'est un coût de production de 0,53 € le litre pour un prix payé de 0,38 € ", explique une agricultrice.
" Un écart de 37 centimes, ce n'est pas grand-chose pour le consommateur, mais c'est conséquent à l'échelle d'un élevage. Pour une exploitation corrézienne type, de 60 bovins viande, c'est plus de 16.000 € qui ne rentrent pas dans les caisses "
Une juste rémunération du travail des agriculteurs que devait garantir la loi Egalim (loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentation et alimentation sain). Une loi qui n'est toujours pas appliquée selon les syndicalistes agricoles.
La faute aux grandes et moyennes surfaces et leurs centrales d'achat qui " tirent toujours les prix vers le bas " alors que " la grande distribution a augmenté son chiffre d'affaires de 1,8 % en 2020 ".
Du canard de Hongrie "origine locale"Une situation qui a d'autant plus de mal à passer alors que " les agriculteurs ont fait un effort supplémentaire pendant le crise pour continuer à nourrir les Français ".
Si les échanges entre manifestants et responsables des deux grandes surfaces ont souvent tourné au dialogue de sourd, ils sont montés d'un cran quand les agriculteurs ont découvert dans un rayon de Super U du canard de Hongrie transformé en Périgord vendu sous un panneau " origine locale ". Illico presto sorti du frigo.
Du lisier déversé devant la préfectureUne délégation d'une dizaine d'agriculteurs a ensuite fait part de ses revendications en fin d'après-midi à la préfète de la Corrèze, Salima Saa. La représentante de l'Etat assurant notamment aux syndicalistes agricoles qu'elle allait renforcer les contrôles sur les étiquettes.
Frédéric RabillerPhotos : Agnès Gaudin