Contre la précarité, le Crous Clermont Auvergne propose des menus à 1€ aux étudiants
Pour faire face à la précarité étudiante accentuée par la crise sanitaire, le président de la République a annoncé jeudi 21 janvier la généralisation du menu à 1 € dans les restaurants universitaires.
Cette mesure avait été mise en place pour les boursiers depuis la rentrée de septembre. Désormais, les non-boursiers paieront également 1 € (contre 3,30 € avant). Pour peu qu’ils soient restés où sur le site de leurs études malgré les cours à distance.
Après les bouleversements de la vente à emporter pour respecter les mesures barrières et des changements d’horaires pour le couvre-feu, cette nouvelle mesure a été beaucoup plus simple à gérer pour le Crous Clermont Auvergne. « Il s’agit uniquement d’un changement informatique fait au niveau national.
L’organisation des neuf sites de restauration encore ouverts dans l’académie (*) reste la même avec des menus complets (entrée, plat, dessert) vendus à emporter.
Pour l’étudiant, aucune démarche n’est nécessaire. En ayant activé le compte Izly lié à sa carte étudiante, il sera automatiquement reconnu en tant qu’étudiant au moment du paiement et le tarif à 1 € lui sera automatiquement appliqué en caisse », explique Élodie Dubec, responsable de la communication au Crous Clermont Auvergne.
À un tarif aussi attractif, l’effet ne s’est pas fait attendre. Le site de Dolet, à Clermont-Ferrand, a été pris d’assaut dès lundi midi. « La file d’attente allait jusqu’en bas des marches », se souvient un habitué.
À première vue, le menu à 1 € fait l’unanimité parmi les étudiants même si le repas ressemble plus à un pique-nique, faute de pouvoir utiliser les salles de restauration. Le petit groupe d’étudiants installé sur des bancs dans le hall confirme cette impression. Chacun profite de son plat chaud.
De 3.700 passages en moyenne par jour sur 25 structures de restauration avant la crise, la fréquentation est tombée à 690 passages sur les neuf sites encore ouverts dans l’académie.
Pourtant, cette mesure laisse un goût amer. En deuxième année de médecine, Cécile s’emporte : « Nous n’avons eu aucun TP depuis novembre ! Le repas à 1 € est une bonne nouvelle mais ce n’est pas ce qu’on demandait. Nous, ce qu’on veut, c’est aller en cours ». Car avec la précarité, l’isolement est le deuxième fléau qui gangrène le quotidien des étudiants.
Ce que révèle l’enquête de l’Unef Auvergne sur les conditions de vie et d’études à Clermont-Ferrand
(*) Pour s’adapter à la baisse de la demande depuis le début de la crise sanitaire, le Crous Clermont Auvergne a réduit son offre à neuf structures de restauration : Clermont-Ferrand (deux sites à Dolet et un à la résidence Lebon), Aubière (quatre sites sur le campus des Cézeaux), Aurillac et Montluçon.
Texte : Maud Turcan Photos : Richard Brunel