Trouver un stage de fin d'études, la galère pour Mathilde Bourdeloux, à Tulle (Corrèze)
Travailler dans l'événementiel, c'est un vrai choix pour la jeune tulliste Mathilde Bourdeloux. La créativité, le dynamisme de ce métier, la gestion de projets, le travail en équipe... "J'ai vraiment trouvé ma voie et j'aimerais vraiment me lancer dans la vie active", s'enthousiasme-t-elle.
Sauf que la crise sanitaire met un sacré coup de frein à ses ambitions enthousiastes. Etudiante à l'ISEFAC de Bordeaux, en 3e année de Bachelor chef de projet événementiel, l'étudiante doit réaliser un stage de 4 à 6 mois dans une entreprise du secteur pour finaliser son cursus. Peine perdue après des semaines de recherches et des dizaines de lettres de motivation.
"J'ai beaucoup de doutes""Beaucoup d'agences sont fermées ou n'ont pas les moyens de prendre des stagiaires, explique-t-elle. Elles essaient d'abord de préserver leurs équipes ou elles n'ont pas les moyens financiers ou sanitaires nécessaires."
Je ne suis pas en colère, je comprends les réponses négatives. Mais j'ai beaucoup de doutes. Si personne ne nous laisse notre chance, dans trois mois je serai encore là à essayer de faire un stage !
Focalisée sur Limoges, la jeune femme a élargi son champ de recherches à la Corrèze, de la gestion de projets à la communication. "Pour ma première année dans l'événementiel - elle a déjà obtenu un BTS en commerce international -, je n'ai pas choisi la bonne année, sourit-elle. Sur ma promo de 32, deux seulement ont trouvé un stage, à Paris et Bordeaux."
Alors, Mathilde Boudeloux cherche encore... "Si on ne trouve pas de stage, on ne sait pas encore si on nous donnera des travaux compensatoires à la place, l'école n'a pas encore reçu les directives. On attend aussi les prochaines annonces, peut-être un reconfinement. Et même si on nous rajoute un mois pour trouver un stage, ça ne changera pas mon état d'esprit."
Le plus dur, c'est d'être dans le flou, de ne pas savoir où on va à l'approche des échéances.
"Le relationnel, en vrai, ça manque"Face à tant d'incertitudes, Mathilde Bourdeloux s'interroge. Depuis octobre, la Tulliste suit ses cours à distance. "Ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour une formation de communication. Teams, c'est très utile, mais le relationnel, en vrai, ça manque, regrette-t-elle. J'avais vraiment envie d'avoir une expérience sur le terrain."
Elle poursuit : "On ne travaille que sur des projets fictifs, rien de concret, alors que le BTS, l'an dernier déjà, on l'a passé en contrôle continu. 100 % de réussite au BTS l'an dernier, c'est suspect !"
Comment ça va être perçu par des employeurs ? Ils vont se demander si on nous a pas lâché nos diplômes, si on a bien validé nos matières...
La jeune femme s'interroge aussi sur son avenir : "Après mon stage, je voulais continuer à travailler. Aujourd'hui, je me pose des questions. Est-ce que je ne vais pas plutôt poursuivre mes études, peut-être aller en master, en attendant que ça aille mieux..."
(*) Pour contacter Mathilde Bourdeloux : 06.47.35.62.47.
Blandine Hutin-Mercier