À Guéret (Creuse), comment les entraînements de football sont-ils adaptés au contexte sanitaire ?
Ils sont les rares à pouvoir poursuivre leur pratique sportive, qui plus est collectivement depuis début décembre. « Ils », ce sont les mineurs licenciés dans des sports d’extérieur.
Un maximum de trois enfants par atelierSur le terrain synthétique situé aux abords du stade Léo Lagrange de Guéret, le football continue pour les U11 de l’Entente sportive guérétoise (ESG). Ils sont près d’une trentaine à se retrouver le mercredi matin pour s’exercer dans un contexte sanitaire inédit.
« C’est toute une nouvelle organisation. Par exemple, on n’a plus accès aux vestiaires donc les enfants arrivent et repartent en tenue. De plus, nous ne pouvons plus mettre en place la navette qui en récupérait certains. Ce sont désormais les encadrants qui tentent d’aider. »
Depuis plusieurs semaines, les entraînements doivent respecter un certain protocole pour éviter, au maximum, les contacts.
Terminées les quelques longues files indiennes et phases statiques, place au jeu en mouvement à travers une dizaine d’ateliers. « Il y a encore plus de réflexion et de temps d’installation pour préparer les séances. Il faut permettre aux enfants de tous pratiquer en même temps sans pour autant être trop nombreux par atelier, pas plus de trois. »
Et, du côté des parents, ces nouvelles règles semblent naturelles pour continuer la pratique. « C’est déjà mieux que rien. Je pense que les enfants auraient trouvé le temps long sinon. Et puis, ils vont bien à l’école donc pourquoi pas continuer le sport ? », souligne Olivier, venu voir son fils s’entraîner.
S’entraîner et non pas jouer. Depuis septembre, ces amateurs du ballon rond n’ont plus disputé un seul match de compétition. Pour Nathan, ça commence à faire beaucoup. « J’aime bien m’entraîner mais au bout d’un moment il faut faire des matchs. Je pense que c’est comme ça que l’on progresse. »Son éducateur n’est pas loin de rejoindre son avis. « À cet âge, ils sont réceptifs mais pas trop frustrés. Ils le deviendront sans doute sur le long terme car le football reste un sport collectif et d’opposition mais pour l’instant on a aucun des deux. »
« Le sport est vecteur de plusieurs vertus »Bon gré mal gré, les jeunes de l’ESG parviennent à regoûter au sport qu’ils aiment tant. Et, finalement, Léo Martinez tirerait presque un petit peu de positif. « Compte tenu de l’espacement des ateliers, on se retrouve avec, parfois, un encadrant pour trois à quatre enfants, ce qui est beaucoup. C’est sûr que l’on y gagne au niveau du suivi individuel. »
Cependant, les « entraînements Covid » ne remplacent pas une vraie séance. « On est actuellement plus dans un rôle récréatif que dans du développement de la pratique mais c’est toujours ça de pris. »Face à la menace d’un nouveau confinement, l’éducateur espère que la pratique sportive pour les mineurs sera épargnée. « Le sport est vecteur de plusieurs vertus et qualités donc je pense que ce serait dangereux d’interdire la pratique sportive pour nos jeunes. Il y a des facteurs sociaux, psychologiques mais aussi de santé. Donc on espère encore pouvoir continuer à s’entraîner. »
Alix Vermande