Entre crise sanitaire et restructuration du club... Les missions du nouveau président du Montluçon Foot (N3, Allier)
Voilà quasiment un mois et demi que François Brochet s’est jeté à l’eau. Ou plutôt qu’il a replongé. En effet, président du Montluçon Football (Allier) de 2011 à 2018, avant de prendre du recul pour raison professionnelle, ce médecin du sport aujourd’hui âgé de 68 ans a décidé de doubler la dose en reprenant la direction du club de National 3, laissée vacante par Christophe Decoster. C’était le 16 décembre dernier. Et depuis qu’en est-il ? Crise sanitaire, saison tronquée, état des lieux, projets… François Brochet se livre sans se défiler, ni noyer le poisson. Entretien.
Reprendre la présidence, c’était la bonne décision ?François Brochet : « En tout cas je n’ai pas de regrets… mais beaucoup de travail. Il n’y avait pas de candidat et il fallait bien quelqu’un pour que le club recommence à vivre. Même si c’est très compliqué en ce moment avec la crise sanitaire. »
Justement, en tant que président mais aussi médecin, quel est votre avis ?F. B. : « La saison, interrompue depuis fin octobre en National 3, doit-elle reprendre ? On se dirige vers un nouveau confinement… Admettons qu’on retrouve une vie à peu près normale mi-mars grâce à la vaccination : ça fera cinq mois sans avoir pu jouer?! Il faudra donc tout reprendre à zéro, refaire une grosse préparation. Du coup on rattaquerait la compétition quand ? Mi-avril ? Sous quelle forme ? Ça ne ressemblerait pas à grand-chose. »
Si on reprend trop tôt il y aura des blessures. En espérant que ce ne soit que des blessures. François Brochet (médecin du sport)
Que proposez-vous ?F. B. : « Moi je suis pour une saison blanche. On arrête tout, on repart sur de bonnes bases la saison prochaine. Je ne dis pas ça parce qu’on est dernier du classement (14e sur 14 après six journées), car on a un match en retard et si on gagne on pourrait ne plus être relégable. Non, je pense que médicalement et footballistiquement ce serait du bon sens. Ça permettrait de finir la saison sans enjeu, en se repréparant correctement quand on le pourra de nouveau, en faisant juste des matchs amicaux. Et on redémarre vraiment en juillet/août. »
Cela n’impacterait-il pas encore un peu plus les finances du club ?F. B. : « Non, financièrement le club est sain. La DRCG (direction régionale de contrôle et de gestion) a validé nos comptes en novembre. Vu que l’on ne joue pas on n’a plus de frais de déplacement ou d’arbitrage, même si cela ne compense pas les pertes de buvette et de billetterie. Mais il n’y a pas de problème, on continue de rémunérer nos joueurs selon les engagements pris. »
« On vit sur la subvention de la mairie et sur nos réserves. On réduira peut-être un petit peu la voilure au niveau du budget la saison prochaine si on perd des partenaires. »
Alors quels sont les besoins ?F. B. : « Il faut avant tout restructurer le Montluçon Foot?! Il faut arrêter d’être chacun dans son coin et que tout le monde tire dans le même sens. On doit améliorer l’image du club. C’est pour cela que le conseil d’administration vient de décider à l’unanimité que chaque joueur ou dirigeant ait un devoir de réserve, sur les réseaux sociaux, dans leurs paroles. Il faut respecter le club si on veut donner envie aux sponsors d’investir. C’est notamment en ce sens qu’on a nommé un nouveau manager général et sportif, Julien Lolli, ancien président du SC Bastia. »
Quels projets avez-vous pour le Montluçon Foot ?F. B. : « À cause de la crise on est tombé de 500 à 400 licenciés, avec surtout des départs en jeunes. Donc on veut davantage améliorer la coordination entre éducateurs sur la formation. On souhaite aussi très vite créer des équipes féminines en jeunes, en organisant des stages ou des détections. »
Pour l’équipe première, l’objectif c’est d’abord de se stabiliser en N3... avant d’envisager plus haut dans les années à venir. On a la volonté de faire grandir ce club à tous niveaux. François Brochet (68 ans)
Avec vous comme président ?
F. B. : « Non, je me suis engagé jusqu’à la fin de cette saison, jusqu’à cet été. Pas plus. Bien sûr, s’il n’y a personne pour prendre la suite je ne dis pas… Mais il y aura quelqu’un. On fera tout pour. »
Texte : Luc Barre Photos : Cécile Champagnat et Florian Salesse