Un spectacle qui ne demande plus qu’à être joué....
Agnieszka et Christophe Bihel ont créé leur dernier spectacle « Krâpâhute », lors d'une résidence de trois semaines à l'atelier théâtre de La Mothe, à Yzeure.
« Nous sommes très attachés à ce lieu, puisque nous l'avons fréquenté durant dix ans, en résidence, associés à la ville d'Yzeure, et avons été très heureux de cette aventure. », déclarent-ils en chœur. Cette petite forme, née durant le confinement, a été jouée pour la première fois à l'atelier de La Mothe, devant une dizaine de professionnels. Ce spectacle, en fait, aurait dû être joué lors de la nuit Martho, à Yzeurespace, mais, las, la pandémie dicte sa loi.
« Le royaume de Krâpâhute » vit paisible, jusqu'à ce que des jumeaux, marchands d'armes, se rebellent et aillent en « Roncie », à la recherche du diable. Celui-ci les suit, la reine meurt en donnant naissance à un petit garçon, le roi meurt de chagrin. Petit à petit, le royaume se transforme L'écriture s'inspire d'Ovide, Rabelais, Boulgakov et Isaac B Singer, mais aussi de l'actualité, ce qui est jouissif. Ce théâtre de table (de cuisine) et de papier s'est monté à trois, le duo d'artistes et la plasticienne Laure Guilhot, de Hérisson. L'installation consiste en un castelet, avec deux manipulateurs (Agnieszka et Christophe), qui excellent dans les changements de décors, cartes, figurines, marionnettes etc. Il est prévu de jouer partout : petites salles, appartements et, pour la première fois, dans un « algéco » (préfabriqué), ce qui ravit Christophe. « Ainsi, philosophe-t-il, le confinement s'est transformé en moment de bonheur. »
Il faut beaucoup de résilience, en effet, car les annulations sont pléthore, à Riom, Yzeure, Guéret. « Un jour, on espère faire des premières ! », murmure-t-il, les yeux brillants. Ils doivent aussi jouer un autre spectacle à Issoire, le 2 février : « Hûllymen », mais « C'est un régal de bout en bout, avec des jingles étonnants. », souligne Nathalie Duffault, responsable du service Spectacle vivant.
En effet, saxo, freejazz, une once d'électro, contribuent à créer une petite forme théâtrale, de table et de papier, à la fois grinçante et drôle.