Condamné à dix-huit mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand pour trafic de stups et recel de vol
Ce dimanche 24 janvier, au petit matin, lors d’un contrôle des attestations dans le cadre du couvre-feu, un équipage de la brigade canine du commissariat central de Clermont-Ferrand arrête une Renault Clio. L’un des passagers lui indique rapidement qu’un appartement situé rue Fronval, dans le quartier de la gare, serait la plaque tournante de divers trafics.
Une voisine découvre près de 400 grammesde cocaïne sur sa terrasse...Une fois sur place, des policiers de la brigade anticriminalité y interpellent trois hommes et mettent la main, en perquisition, sur des vêtements, des parfums, des lunettes, des cartes bancaires et d’identité vraisemblablement volés, ainsi que sur de petites bonbonnes de cocaïne (dont certaines ont été précipitamment jetées par la fenêtre...) et 2.800 euros en numéraire.
Alors que les trois occupants viennent d’être placés en garde à vue (*), une riveraine de l’appartement de la rue Fronval appelle l’hôtel de police pour indiquer qu’elle vient de découvrir une belle quantité (précisément 373 g) de ce qui ressemble fortement à de petits pavés de cocaïne… sur sa terrasse.
Tout laisse à penser que c’est l’un des trois « locataires », Mohamed Laroussi, qui s’est débarrassé à la va-vite de ces stupéfiants à l’arrivée des policiers. En comptant les pochons déjà saisis, ces derniers se retrouvent, au final, avec 418 grammes de coke.
« Tout est occulte dans la vie, le parcours et les activités du prévenu ».
Le jeune homme, en situation irrégulière sur le territoire depuis deux ans et tout en donnant une fausse identité aux enquêteurs, n'a admis être le propriétaire que d’une toute petite partie de la cocaïne découverte dans l’appartement. Il a reconnu l'acheter « depuis environ deux mois », dans le quartier Saint-Jacques, « à raison de 10 grammes tous les quinze jours (pour 450 euros) », avant de la conditionner dans le logement de la rue Fronval, puis de l’écouler lors de soirées clandestines organisées à Clermont-Ferrand.
Il a également admis avoir acheté la marchandise volée « à des gens, dans la rue », afin de pouvoir financer son achat de stupéfiants, dont il est à la fois revendeur et consommateur.
« Un monde et une économie un peu parallèles, un peu sordides... »Le procureur de la République, Eléonore Drummond, a requis une peine de dix-huit mois d'emprisonnement, avec mandat de dépôt, ainsi que dix ans d'interdiction du territoire français.
En défense, Me Pierre Saby a notamment évoqué « le monde et l’économie parallèles un peu sordides et un peu occultes » dans lesquels évolue son client, « qui tente de survivre de façon un peu pathétique ».
Avant de partir en détention, Mohamed Laroussi a indiqué avoir agi ainsi « pour aider financièrement [sa] famille, restée en Algérie ».
Christian Lefèvre
L'enquête n'est pas encore finie... Les deux autres hommes interpellés dans l'appartement de la rue Fronval feront l'objet de compositions pénales pour détention de stupéfiants. Enfin, un quatrième individu (le locataire officiel de ce logement, qu'il sous-louait aux trois autres hommes mis en cause dans cette procédure), également interpellé ce dimanche, mais dans le quartier clermontois de Chanteranne, cette fois, est suspecté d'avoir établi de fausses déclarations, en temps qu'employeur, afin de bénéficier indûment des aides au chômage partiel allouées par l'Etat dans le cadre de la crise sanitaire. Cette partie bien spécifique du dossier, confié depuis le début aux policiers de la sûreté départementale, se poursuit désormais dans le cadre d'une enquête préliminaire.