Florian Vachon (35 ans), déjà prêt à rendre au vélo ce qu'il lui a apporté
Officiellement, à partir du 1er janvier, Florian Vachon ne sera plus coureur professionnel. Sa carrière cycliste terminée à 35 ans, le Montluçonnais s'apprête à ouvrir un nouveau chapitre de sa vie active, dans l'immobilier, ainsi que la construction et la rénovation de maisons, sans pour autant tourner le dos au milieu sportif qui l'a fait vivre pendant une douzaine d'années.
Déjà des responsabilités au Team Cycliste MontluçonDéjà investi sur le plan local, en tant que vice-président du Team Cycliste Montluçon, club qu'il a contribué à créer en 2017 et coorganisateur du Tour de la Vallée Montluçonnaise, dont il trace chaque année les parcours, l'ancien capitaine de route du Team Arkéa Samsic est désormais prêt à mettre son expérience du terrain au service du comité régional.
Sollicité par Christelle Reille, pour se joindre à l'équipe régionale (22 membres) que dirige la commissaire UCI, le Bourbonnais a accepté la proposition et sera candidat aux prochaines élections, qui se dérouleront le 9 janvier prochain, sur la liste (unique) conduite par la présidente sortante, dénommée "Relance 21-24".Florian Vachon (Arkéa Samsic) a disputé sa dernière course pro le 20 septembre dernier, au Grand Prix d'Isbergues. Une sortie réussie puisque le Montluçonnais a contribué à la victoire de son leader, Nacer Bouhanni. Photo © Arkéa-Samsic
Pourquoi vouloir rejoindre le comité régional et travailler dans l'équipe que dirige Christelle Reille?
Parce que c'est l'occasion de garder un pied dans le cyclisme. Et puis je connais bien Christelle Reille, qui est commissaire internationale. Je sais comment elle travaille. On a beaucoup échangé, on a la même vision pour développer le cyclisme en général, mais aussi toutes ses disciplines, comme le BMX, le VTT et le cyclo-cross. Après un moment de réflexion, parce que je ne suis pas du genre à prendre un engagement sans motivation, juste parce qu'il faut un nom dans une liste, j'ai dit "oui", j'ai accepté de m'engager.
Savez-vous déjà ce que vous allez pouvoir apporter au comité régional?
Je vais déjà prendre un peu la température, voir comment il fonctionne et ce qui est déjà en place. Il y aura ensuite des projets à mener, pas à titre individuel, mais collectif. Moi, j'ai ma vision de l'élite, du professionnalisme. Je connais la procédure pour qu'un comité soit compétitif à haut niveau, mais le vélo ce n'est pas que ça. La FFC n'est pas que tournée vers l'élite. Il y a le sport santé, de la découverte et déjà tout simplement apprendre à pratiquer. Et même si j'ai été professionnel, je n'ai jamais perdu de vue ce vélo-là, c'est à dire prendre du plaisir et avoir des moments de partage. Il faut donc toujours penser à garder cet équilibre entre le haut niveau et la base. Florian Vachon partage la même vision du cyclisme que Christelle Reille, la présidente du comité AuRA, que le Montluçonnais a eu l'occasion de souvent croiser dans sa carrière, puisqu'elle est commissaire UCI. Photo Cécile CHAMPAGNAT
Ce serait un grand plaisir de faire un bout de route avec Fred Macaudière. Il est l'un de ceux qui m'ont mis le pied à l'étrier, quand j'ai intégré la section sport études de Riom - Châtel-Guyon
Allez-vous intégrer l'équipe technique régionale que dirigent les CTR Frédéric Macaudière et Grégory Labbé?
Je ne m'interdis rien. Ce serait un grand plaisir de faire un bout de route avec Fred Macaudière. Il est l'un de ceux qui m'ont mis le pied à l'étrier, quand j'ai intégré la section sport études de Riom - Châtel-Guyon, au début des années 2000. C'était lui notre entraîneur. Avec Aurélien Poyet, il m'a appris à m'entraîner correctement, à structurer les séances avec des charges de travail et à bien récupérer. La présence de Fred et Aurélien dans l'équipe technique régionale a pesé dans la balance, parce que je connais leurs méthodes de travail, leur côté humain. Je ne veux pas seulement être dans la théorie, les échanges, les réunions, mais aussi dans le concret. Ce qui m'intéresse, c'est de proposer des idées et participer à leur mise en pratique, à leur réalisation sur le terrain.
« J'ai envie de me poser »Etes-vous prêt à donner un coup de main sur les courses?
Oui, bien sûr. D'ailleurs, je pense aussi faire des déplacements avec l'Entente juniors Auvergne dont je suis l'un des parrains. Corentin Ville (le responsable de la structure auvergnate, ndlr) m'a sollicité. Je vais le faire occasionnellement. Ce milieu (amateur) me correspond plus que les pros. Je me sens plus utile à ce niveau-là.
Une carrière de directeur sportif chez les pros ne vous tentait donc pas?
Non, parce qu'on doit partir trop loin de chez soi et trop souvent. Et j'ai envie de me poser. Mais on ne sait pas de quoi sera fait l'avenir. Peut-être que dans 10 ans je frapperais à la porte d'une équipe pro pour y ccuper un poste. Là, je m'engage juste quelques week-ends, avec des équipes locales.Florian Vachon n'a pas oublié ce qu'il doit aux éducateurs et entraîneurs qui l'ont aiguillé dans sa jeunesse et veut à son tour transmettre son expérience à la génération qui arrive. Photo Christian Stavel
Conseiller immobilier à partir du 1er janvier
Vous voulez garder le contact avec la jeunesse?
C'est ce qui m'intéresse, cela me fera moins vieillir (rires) ! Quand Elie Gesbert participait à ses premiers Tour de France, j'ai aimé être à ses côtés (ils ont disputé trois Grandes Boucles ensemble, chez Fortunéo, puis Arkéa, ndlr). On avait clairement une génération d'écart et des modes de vie différent. Mais ça me plaisait de voir autre chose, de sortir de mes habitudes. Là, c'est pareil. J'aurai plein de choses à apprendre d'eux. Mais j'en aurai aussi à leur montrer. Je le dis sans avoir la grosse tête. Être dans l'échange, apporter un plus, ce serait le top !
Où en êtes-vous de votre projet de reconversion professionnelle?
Je suis prêt pour le 1er janvier (son contrat avec Arkéa Samsic s'achève officiellement le 31 décembre, ndlr). J'aurai deux casquettes d'ici quelques jours. Dans un premier temps, je serai conseiller immobilier, en tant qu'indépendant, mais mandaté par le réseau Capifrance. Et je vais me lancer aussi dans la rénovation et la construction de maisons, dans le secteur de Montluçon. Ce sont deux activités complémentaires. Je commence en janvier, mais je suis déjà un peu sur le terrain.
Raphaël Rochette