Prison ferme pour les deux agresseurs d'un promeneur à Brive le 22 décembre
C’était une soirée ordinaire avant les fêtes, une situation banale qui s’est transformée en un déferlement de violence à cause de l’alcool. Mardi 22 decembre, vers 21h50, un homme qui était en train de promener son chien, rue de la République à Brive, en plein centre-ville, s’est fait agresser par deux individus fortement alcoolisés.
L’un d’eux lui a cassé une bouteille vide sur la tête. Lorsqu’il s’est défendu, l’autre lui a écrasé la tête au sol avec son pied. Le promeneur a également essuyé de nombreux coups de poings et de pieds.
Pour lui, tout cela s’est soldé, entre autres, par plusieurs points de suture et une prescription médicale de dix jours d’incapacité temporaire totale (ITT).
L’un de deux agresseurs a été rapidement interpellé par les policiers, l’autre s’est signalé de lui-même aux policiers municipaux, arrivés sur les lieux. Mis en garde à vue, il a poussé un policier.
Des propos des prévenus contredits par les témoins« C’est moi qui l’ai insulté le premier parce qu’il me regardait mal et il a fait pisser son chien juste devant moi. Mais il m’a attrapé à la gorge, on est tombé par terre et je l’ai frappé avec la bouteille pour me défendre. C’était de la légitime défense, » affirmait avec aplomb le principal prévenu, Agron Karameti, d’origine albanaise, âgé de 20 ans et sans domicile fixe.
« J’ai vu qu’Agron se battait avec un homme et j’ai couru pour les séparer. J’ai poussé Agron et tenu l’autre par terre, en lui écrasant la tête au sol », complétait son comparse, un Guyanais de 22 ans.
Ces propos ont été largement contredits par ceux des témoins de la scène qui ont vu les deux hommes s’acharner sur la victime, un homme sous tutelle, à coups de poing et de pieds. D’ailleurs, ce Briviste ne s’est pas présenté à l’audience, par peur de ses agresseurs.Tribunal de Brive
Ils sont connus des servicesSur le casier judiciaire d’Agron Karameti figure une condamnation à huit mois de prison dont quatre avec sursis prononcée en avril dernier par le tribunal de Brive pour conduite de véhicule en état d’ébriété et sans permis, comme pour vol et escroquerie. En mars, il sera rejugé pour vol de voiture et conduite sans permis.
Son comparse guyanais avait été condamné à neuf mois de prison et l’interdiction de séjour en Haute-Vienne pendant cinq ans par le Tribunal de Limoges pour importation, transport et détention de stupéfiants.
Les réquisitions et la défenseCe lundi 28 décembre au Tribunal judiciaire de Brive, le procureur a requis quinze mois de prison ferme et une révocation partielle du sursis probatoire de deux mois, contre Agron Karameti, et douze mois de prison contre son ami, avec maintien en détention pour tous les deux.
La défense avait demandé d’apprécier la situation matérielle précaire des deux prévenus, dont celle d’Agron Karameti qui est en France depuis sept ans, et qui est aujourd’hui sans domicile fixe et sans papiers et ne peut pas prétendre ni au travail, ni à l’aide sociale. L’autre agresseur est un intérimaire occasionnel qui préfère aller en prison qu’effectuer des travaux d’intérêt général, parce qu’il n’a pas d’argent pour vivre et payer son loyer.
Condamnés et maintenus en détentionLe Tribunal a condamné Agron Karameti à douze mois de prison ferme avec la révocation partielle de son sursis de deux mois. Son comparse a écopé de huit mois de prison. Les deux seront maintenus en détention.
Ils devront verser à la victime une provision de 800 € avant une audience dédiée aux intérêts civils qui est fixée au 8 février. Le jeune Guyanais devrait également payer 200 € de dommages et intérêts au policier qu’il a agressé.
Dragan PEROVIC