Vincent Chapelat, coutelier, vient d'ouvrir sa boutique dans le centre-ville de Moulins
C’est un commerce qu’on pensait ne jamais revoir à Moulins. Depuis plus d’une semaine, Vincent Chapelat, coutelier de profession, a ouvert son magasin de coutellerie au 8 rue Laussedat. « Depuis que je suis tout petit, je baigne dedans. Ce métier est une véritable passion. Déjà, quand j’étais gamin, j’aidais mes parents à fabriquer les couteaux », explique le commerçant moulinois.
« J’ai repris l’entreprise de mon père dans les années 2000. Aujourd’hui, il continue de travailler avec nous »
Après une brève vérification dans ses documents, Vincent Chapelat l’assure, cela fait au moins 400 ans que sa famille voue une passion à la coutellerie. « Notre histoire a commencé en 1600, en tout cas, c’est le plus loin que j’ai pu remonter, explique le commerçant. Il y a au moins quatre générations de cela, ma famille s’est installée à Saint-Rémy-du-Durolle à côté de Thiers (Puy-de-Dôme), capitale du couteau. On y a déjà un atelier ainsi qu’un commerce là-bas. Aujourd’hui, on s’est établi à Moulins, car c’est une ville où il n’y avait plus de coutelier. Vichy, et même Montluçon en ont déjà un. »
Bourges, Nevers, Moulins, et Montluçon, pendant 30 ans, Vincent Chapelat a également participé à de nombreux salons et foires où ils vendaient ses couteaux.
« J’ai repris l’entreprise de mon père dans les années 2000. Aujourd’hui, il continue de travailler avec nous. » Le commerçant est aussi accompagné de sa femme Manuela, avec qui il tient la boutique. « Mon mari m’a appris beaucoup de choses sur ce métier. Aujourd’hui, j’aime conseiller les gens, mais aussi tester les produits que l’on vend. Personnellement, j’aime avoir de bons outils dans les mains quand je cuisine », ajoute-t-elle.
En effet, quand on rentre dans leur magasin, la première chose qui saute aux yeux, ce sont les innombrables couteaux accrochés aux murs. De différentes couleurs, de différentes formes, avec des mécanismes plus ou moins sophistiqués, le coutelier possède des pièces diverses et variés. Cela passe par les simples couteaux de cuisine, de table, de chasse, aux couteaux de collection, avec des matières en tout genre et parfois assez étonnantes.« On en fabrique avec de la corne de vache ou de buffle, en bois, généralement, il s’agit d’olivier ou de genévrier, qui dégage une très bonne odeur. Certains sont fabriqués avec de l’os de baleine ou de chameau. J’avais quelques modèles réalisés à partir de la lave du Puy-de-Dôme, mais ils sont très vite partis. C’est l’entreprise Locau, à Thiers qui les fabrique. Parmi les pièces que je vends, il y a donc ceux que je conçois moi-même, mon prénom est inscrit dessus, et ceux de grandes marques étrangères comme Victorinox, (suisse), Spyderco (américain), mais aussi des marques françaises comme Sabatier. »
« Les gens sont contents de trouver un coutelier dans leur ville »À Moulins, les clients ne se sont pas fait attendre pour découvrir le nouveau commerce. Le bouche à oreille ayant visiblement bien fonctionné, les deux propriétaires ont rapidement effectué leurs premières ventes.
« Les gens sont contents de trouver une coutellerie dans leur ville, explique Manuela Chapelat. Il y a un service qu’ils ne retrouveront jamais sur internet. On les conseille, ils peuvent prendre les couteaux en main pour voir si cela leur convient par exemple. » « Nous n’avons pas une clientèle particulière, on touche vraiment tout le monde ici », ajoute son mari.En effet, en plus des traditionnels couteaux, les deux gérants proposent des ciseaux de couture, de manucure, des coupe-ongles ainsi que les produits nécessaires à leur entretien. « Je fais aussi de la réparation, de la restauration et de l’affûtage, explique le coutelier. Cette semaine, j’ai réparé quatre paires de ciseaux de coiffeur ».
Le commerce se tourne également vers d’autres métiers comme les restaurateurs, les bouchers et les charcutiers avec des couteaux et des outils dédiés au secteur.
Le magasin est ouvert tous les jours sauf le dimanche et le lundi de 10 heures à 12 h 30 et de 14 heures à 18 heures. Téléphone : 06.12.42.29.66Mail : vincent.chapelat@gmail.com
Antoine Castellet