Samuel Paty, le professeur d'histoire-géographie décapité à Conflans, avait passé sa jeunesse à Moulins
Professeur d'histoire-géographie du collège Le Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine, Samuel Paty a été décapité aux abords de cet établissement des Yvelines, ce vendredi 16 octobre. Samuel Paty a longtemps vécu à Moulins où il a passé sa jeunesse.
Même si cette information commence à circuler avec insistance dans le corps enseignant local, certains ne le savent pas encore parmi la centaine de personnes qui participent au rassemblement en forme d'hommage organisé, ce samedi après-midi, place de la Liberté. Mais d'autres ont appris, il y a quelques heures, que Samuel Paty, 47 ans, était un enfant de Moulins. C'est notamment le cas de Jacky Villeneuve, le proviseur du lycée Banville, qui confirme que l'enseignant était un ancien élève de l'établissement moulinois :
«Il a été scolarisé entre 1988 et 1991 au sein de notre lycée où il a passé son baccalauréat ».
C'était bien avant que Jacky Villeneuve ne prenne la direction du Banville. Mais ça ne change rien au total désarroi qui s'affiche sur le visage du proviseur :
Il n'y pas de mots pour exprimer ce que je ressens, ce que nous ressentons tous. C'est l'essentiel de ce qui nous touche le plus, le fondement de ce qui fait que nous sommes enseignants, qui a été touché
Parmi les personnes rassemblées dans le centre-ville, une grande majorité de personnels de l'Education nationale. Certains sont en larmes. D'autres sont venus avec un bouquet de fleurs. D'autres encore arborent une pancarte ou un message.
Sylvie, une enseignante de l'agglomération moulinoise, parle « d'un crime horrible et absolu » ainsi que du sentiment de « profonde détresse » qui l'habite :
Je ne connaissais pas Samuel. Mais comme tous les enseignants, c'était un éveilleur de conscience. Il défendait la liberté d'expression, il apprenait à ses élèves à réfléchir par eux-mêmes. C'est pour cette raison qu'il a été tué. C'est lui. Mais cela aurait pu être moi, cela aurait pu être nous tous ici
C'est également le sens que Juliette Grand, professeure d'histoire-géographie et secrétaire départementale du SNES, a donné à son allocation :
« Il est mort pour avoir appliqué le programme. C'est un crime contre les libertés publiques, l'esprit critique, la laïcité. C'est une attaque contre l'école de la République. Nous appelons à une réaction nationale »
Antoine Delacou
Photos François-Xavier Gutton