Près de 150 personnes réunies pour la marche organisée par les salariés d'Aubert & Duval pour sauvegarder les emplois aux Ancizes (Puy-de-Dôme)
Salariés, commerçants, élus, habitants, sympathisants… Ce sont près de 150 personnes qui ont répondu à l’appel des syndicats FO et CFE-CGC pour venir garnir les rangs de la marche pour l’emploi organisée par une partie des salariés de l’usine Aubert & Duval dans les rues des Ancizes, cet après-midi.
Interpeller les pouvoirs publics et la population"Pour certains, il est trop tôt pour se mobiliser, souligne Jean-François Courtadon, délégué syndical FO. Mais nous, on sait très bien comment ça fonctionne. On veut agir avant qu’il ne soit trop tard. Aujourd’hui, on est dans une démarche constructive et notre objectif c’est d’interpeller les pouvoirs publics mais aussi la population sur le fait que si on perd nos emplois ce sera une catastrophe économique et sociale pour tout un territoire."
Face aux effets de la crise sanitaire sur l’activité de l’usine Aubert & Duval, l’inquiétude est en effet de mise chez les salariés. "La première des choses que l’on souhaite c’est la sauvegarde de nos emplois, pose d’entrée Pierre Lannareix, délégué syndical CFE-CGC. Car plusieurs éléments sont source d’inquiétude pour l’avenir. L’aéronautique représente une grande partie de notre activité et depuis quelques mois, la crise sanitaire est venue s’ajouter à celle économique donc le secteur est presque à l’arrêt. D’autant qu’on sait que le groupe Eramet (dont Aubert & Duval est une filiale, ndlr) a lancé une revue stratégique de tous ses actifs ce qui nous laisse penser qu’Aubert & Duval va sûrement être vendu. La question, c’est de savoir à qui et dans quelles conditions ?"
Besoin de réponses clairesUne question à laquelle la direction ne veut donner aucune réponse claire. "On nous dit à chaque fois que c’est une possibilité, pestent Denis et Jean-Charles, deux salariés présents dans le cortège. Mais on veut des réponses. Il s’agit de notre avenir, de celui de nos familles, de tout un territoire. On veut savoir à quelle sauce on va être mangé."
Soutenus par l’ensemble des élus, les salariés d’Aubert & Duval espèrent aussi pouvoir mobiliser la population dans leur lutte dans les prochains mois. "Ce n’est que le premier rendez-vous, conclut Pierre Lannareix. Certainement le premier d’une longue série. Car une chose est sûre, on va se battre jusqu’au bout pour sauver nos emplois et notre savoir-faire. Il en va de la survie de tout un territoire."
Nourredine Regaieg