Sébastien Bézy (ASM) : "Être le plus concentré possible face au Stade Français"
Que vous inspire ce contexte très particulier du match face à Paris qui va se jouer devant seulement un millier de spectateurs ?
« Depuis le début de saison on se doutait que ça pouvait finir comme ça. On s'est préparé à jouer dans des stades vides. Je dirais que petit à petit, on s'est habitué à évoluer devant de moins en moins de public. On est déçu, mais c'est logique au vu de la situation sanitaire. »
Peut-on alors parler de match quasiment sur terrain neutre ?
« Je ne sais pas. Il n'y a pas de déplacement non plus et on est chez nous la veille du match. Après, il n'y a plus la pression qu'exerce le public, sur l'adversaire ou sur l'arbitre même. Jouer à la maison est moins un avantage qu'en temps ordinaire. »
Le report du match à Bordeaux (plusieurs cas de Covid à l'UBB) est-il un avantage avant ce rendez-vous face à Paris ?
« Ne pas avoir effectué ce déplacement à Bordeaux nous a frustré car on avait très bien préparé ce match... Maintenant, il faut passer vite à autre chose et là, c'est le Stade Français. »
Justement, cette équipe paraît difficile à cerner, elle gagne dehors et perd chez elle...
« C'est une équipe qui joue très bien à l'extérieur. Déjà la saison dernière, Paris gagnait plus en déplacement qu'à domicile. Il faut vraiment se méfier et être le plus concentré possible. »
« C'est facile de jouer avec Camille Lopez »
L'arbitrage dans les rucks était très attendu sur ce début de saison, y avez- vous vu de la cohérence ?
« On était prévenu que le focus serait important sur ce secteur. Il y a eu des réunions et on savait que sur le début de saison les arbitres allaient très vite siffler, que ce serait plus dur. Et c'est ce qui s'est passé. Après, je sens un peu plus d'indulgence sur les derniers matchs. Je regarde pas mal de rencontres et il me semble que les arbitres sont un peu plus tolérants qu'il y a un mois, un mois et demi sur le lâcher de ballon au sol. Il y a peut-être un peu plus de jeu que sur les premières journées. »
A votre poste de demi de mêlée, cet arbitrage dans les rucks vous a-t-il un peu perturbé ?
« Quand on a envie de mettre du rythme et que l'on n'arrive pas à faire deux ou trois temps de jeu parce que ça siffle vite, c'est un peu rageant. Mais comme je l'ai dit, ça commence à se calmer un peu. C'est une bonne chose pour nous. »
Vous allez enchaîner dans le quinze de départ, on peut dire que vous avez pris vos marques ?
« Je suis là maintenant depuis quelques mois et je me sens plutôt à l'aise. Quand je suis sur le terrain, c'est à moi de montrer que je peux apporter à l'équipe. En fait, j'ai senti que je m'intégrais facilement alors que je suis d'un naturel un peu timide et je n'avais jamais changé de club. J'appréhendais un peu le changement, mais je suis assez étonné que ça se passe aussi bien. Oui, je suis surpris de mon intégration. »
Et votre entente avec Camille Lopez...
« C'est facile de jouer avec lui, c'est un numéro 10 qui a de la bouteille, qui parle beaucoup sur le terrain. Dans le jeu, il prend beaucoup sur lui, il nous libère d'un poids. En tout cas, ça nous met plus à l'aise à la mêlée. »
Recueilli par Christophe Buron