Etudiants cherchent jobs désespérément à Clermont-Ferrand
La précarité étudiante gagne du terrain à Clermont-Ferrand. Et à la problématique du logement, toujours d'actualité, vient s'ajouter celle de l’accès à l’emploi en pleine crise sanitaire.
Près de 15.000 étudiants-salariés dans l’académieAvec un coût de la vie estimé à 870 € par mois (progression de 3,97 % par rapport à 2019), nombre d’étudiants n’ont d’autres choix que de travailler pour subsister. « Seuls 7 % des boursiers touchent le montant maximum soit 567 €. On est loin du compte rappelle Paco Bellouche, représentant du syndicat étudiant Unef. Et tout le monde ne bénéficie pas d’une solidarité familiale. »
Selon un rapide calcul (*), ils étaient près de 15.000 étudiants-salariés dans l‘académie de Clermont-Ferrand avant la crise sanitaire. Mais à l’heure où les secteurs qui recrutaient d’ordinaire sont à la peine, comme la restauration, combien seront-ils, cette année à se retrouver sur le carreau??
Trop tôt pour le dire, mais à la faculté de Lettres et de Sciences Humaines, les premiers frémissements d’une année difficile se font déjà sentir.
« La tendance qui se dégage, c’est que les gens ont du mal à retrouver du travail que ce soit dans le tourisme, la restauration ou la grande surface. »
Habitués à l’intérim ou au temps partiel, ces étudiants- salariés, de part leur statut, n’ont pas le droit aux allocations chômage, sauf sous conditions restrictives. Du jour au lendemain, ils se retrouvent à sec.
Une précarité synonyme de décrochageUne situation d’autant plus compliquée que la pénurie dure.
Les étudiants de retour sur les bancs de l'Université Clermont Auvergne
Dès le début du confinement, en mars dernier, beaucoup ont perdu leur emploi et n’en ont pas retrouvé depuis, même cet été. Une période de vacances pourtant propice afin de se constituer un petit pécule pour la rentrée suivante. « Je n’ai pas pu travailler comme je le faisais dans les clubs d’été. Avec l’équivalent de deux smic répartis sur l’année universitaire, il me restait les autres années 400 € par mois pour vivre, hors loyer. Là je n’ai plus que 100 à 150 €, grâce à mes parents », explique Benoît Imberbis, 22 ans, inscrit en Licence 3 de sociologie.
Acculé, le jeune homme s’est mis à la recherche d’un job en septembre.
« Je cherche dans le plus de secteurs possible et pense avoir demandé dans la plupart des bars et restaurants du centre-ville. On me répond systématiquement que le peu de jobs a déjà été pourvu ou qu’ils n’ont plus les moyens d’embaucher. »
Pour Benoît, comme pour d’autres, une trop grande précarité peut devenir synonyme de décrochage et remettre en question leur avenir professionnel. « On craint cette année un gros niveau d’échec, s’inquiète Paco Bellouche. Mais le problème de la précarité n’est pas nouveau, la situation économique et sanitaire n’a fait que l’accentuer. »
(*) Selon les données nationales, 46 % des étudiants sont salariés. L’académie de Clermont-Ferrand compte près de 40.000 étudiants.
Yann Terrat
Photos : Richard Brunel