Covid-19 : pourquoi l'hôpital de Vichy a déclenché son plan blanc
Deux paramètres ont conduit le centre hospitalier Jacques-Lacarin à déclencher son plan blanc ce jeudi 15 octobre, à Vichy. Trente-trois patients positifs au Covid-19 sont actuellement dans ses murs, soit deux fois plus qu’en début de semaine. Et à quelques kilomètres de là, dans le département de la Loire, des établissements de santé en tension comme ceux de Saint-Étienne ont eu à transférer des malades vers le CHU de Clermont-Ferrand.
Un vaisseau amiral qui, aujourd’hui, n’est plus en mesure d’épauler les hôpitaux de l’Allier en cas de coup dur. « Le transfert de patients vers le CHU de Clermont-Ferrand n’est plus possible », confirmait, vendredi soir, le directeur d’établissement Jérôme Trapeaux.
Trente-trois patients dont trois en réanimationConcrètement, l’activation du plan blanc a permis à la structure de rehausser ses propres capacités d’accueil en réanimation. Son service compte, à ce jour, dix lits dont trois sont déjà occupés par des malades souffrant du Covid-19.
Une dizaine d’autres patients sont hospitalisés dans différents services du bâtiment principal en fonction de leurs pathologies. Et une vingtaine supplémentaire se trouve en gériatrie, dans le pavillon Houlbert, où l’établissement a activé une unité Covid.
« On n’est pas à saturation, mais si nous restons sur cette pente ascendante, la question se posera de mobiliser une autre unité », indique Jérôme Trapeaux. Les malades présents en ce moment dans la structure, des personnes âgées pour la plupart, sont arrivés de maisons de retraite du bassin de Vichy ou de leur domicile ces derniers jours.
A ce stade, pas de poste médical avancéL’établissement se trouve à nouveau confronté à une situation qu’il a connue en avril, alors que le confinement sanitaire était en vigueur. Mais, cette fois, sans poste médical avancé aménagé devant le parvis de l’hôpital pour gérer les flux de patients en amont. Un problème pour les urgences, notamment, où les syndicats demandent la mise en place d’une double voie d’accueil, comme au printemps dernier, afin que le virus « ne se dissémine pas dans le service ».
Les opérations et les consultations maintenuesAussi, pour limiter la propagation dans tout l’établissement, le premier niveau du plan blanc suspend jusqu’à nouvel ordre les visites au chevet des patients dans tous les services sauf en psychiatrie, en pédiatrie, à la maternité et aux soins palliatifs, où elles peuvent être autorisées sur rendez-vous, sur avis médical ou réservées aux parents et membres d’une même fratrie.
Les opérations chirurgicales et les consultations externes restent, à ce stade, maintenues. Les patients peuvent également continuer à se présenter d’eux-mêmes aux urgences de l’hôpital qui incite fortement les malades à « ne pas renoncer aux soins ».
Les syndicats pas surpris, mais inquiets
L’annonce du déclenchement du niveau 1 du plan blanc n’a pas vraiment surpris les syndicats hospitaliers. Mais ces derniers restent inquiets pour la suite. « Ce déclenchement n’est pas une surprise », notait-on, vendredi, du côté de la CGT de l’hôpital de Vichy, où l’on précise que ce niveau 1 du plan blanc – qui en compte 3 – a surtout des répercussions « administratives ». Pour l’heure, pas de réquisition de personnels ou d’actes à déprogrammer, mais des services à réorganiser en vue de l’accueil de « patients Covid » et de la continuité de service pour les « non Covid ». Mais si le déclenchement du plan blanc ne surprend pas, la suite des événements inquiète. « On est mieux préparés qu’au printemps, notamment au niveau du matériel, mais le personnel est fatigué et il est très exposé au virus », insistent la CGT et FO. Si le printemps avait en effet été chargé avec la première vague de l’épidémie, l’été n’a pas été plus reposant avec les reprogrammations des soins reportés. Or, pendant ce temps-là, la politique de recrutement de personnels « n’a pas été à la hauteur des besoins… »
Estelle Dissay et Pierre Geraudie