Exposition Olivier Ropars à la galerie Rosa da Rua
Vision d'une liberté qui enferme
En deux collections et treize tableaux, Olivier Ropars installe une atmosphère sombre et dérangeante pour dépeindre une société qui s'est soumise de son plein gré aux nouveaux dieux que sont devenus les géants du numérique.
Pour sa toute première exposition, visible jusqu'au 18 octobre, on peut dire qu'Olivier Ropars vise juste et qu'il frappe fort. Venu à la peinture voilà seulement deux ans, il a trouvé sur la toile la liberté nécessaire pour exprimer ce qu'il ressent face à « l'évolution de l'être humain, dans ce monde, dans cette société qui nous propose des choses aussi extraordinaires que terrifiantes ».
« Gafa » et « Les 7 péchés capitaux »Deux séries décrivent ces sentiments empreints de désenchantement, de déception et, pour tout dire, d'un pessimisme désespéré. Leur point commun pictural se trouve être le fond de toile, couvert d'un noir aussi sombre que l'avenir qui nous attend.
L'une, baptisée « Gafa », illustre à travers quatre portraits le comportement, qualifié par l'artiste de « prédateur », des grands groupes que désigne l'acronyme en titre. « À travers les outils et les services qu'ils nous fournissent, ils deviennent nos maîtres à penser et à faire. C'est l'expression d'une génération perdue » se désole-t-il. Adoptant le style steampunk pour donner plus de force à son message, des visages résignés arborent des accessoires néo-rétro servant à respirer, boire, se nourrir ou écouter, imposés par ces Gafa qui deviennent « fournisseurs de tout ».
L'autre série, intitulée « Les 7 péchés capitaux », constitue une critique de nos modes de vie. Le visiteur s'amusera à identifier, à travers des tableaux où sont représentés des demi-visages et leurs bouches, la gourmandise, l'avarice, l'envie, la colère, la paresse, la luxure et l'orgueil, qui tous trouvent leur origine dans les modes de consommation qui nous sont prescrits par les géants du web et les réseaux sociaux.
Pratique. 15, place du Terrail, Clermont-Ferrand.