Ecouter Fersen à Yzeure et rêver, « c'est tout ce qu'il nous reste » en novembre
Toujours simple sans jamais être simpliste pourrait être le credo du créateur Thomas Fersen depuis son premier album en 1993.
Ses chansons sont à la fois très accessibles et ses textes travaillés, ses ambiances sonores, cinématographiques, et ses spectacles, toujours uniques.
Qu’est-ce qui nourrit votre imagination et votre créativité ?
« Des conversations avec des inconnus et des proches sont le point de départ de mes histoires. J’ai une pensée très imagée. J’utilise l’imagerie des animaux, des objets, des vêtements, mais je ne parle que des Hommes. »
Quel est le concept de votre dernier album ?
« Un chanteur de moins en moins jeune se retourne sur son existence de chaud lapin. Sur scène, je ne joue pas les dix morceaux de l’album, même La Mare que j’aime pourtant beaucoup mais qui est très longue.
En revanche, le personnage permet de faire revenir Diane de Poitiers, le Chat botté, la Chauve-souris, Punaise, Zaza, Chez toi, et d’autres chansons que je n’avais pas jouées depuis longtemps, comme Bucéphale ou Je suis dev’nue la bonne. »
Vous déclamez des poèmes en spectacle. Pourquoi ne les mettez-vous en chanson également ?
« Quand j’écris, ça me saute tout de suite aux yeux et aux oreilles si un texte est propre à devenir une chanson avec des couplets et un refrain ou s’il est parlé, comme un monologue. »
Le confinement a mis un coup d’arrêt à la tournée qui démarrait.
« C’est la première fois que je ne donne pas de concert pendant si longtemps. Je ne suis remonté sur scène que vendredi 2 octobre, à la Seyne-sur-Mer. J’étais à la fois joyeux et un peu traqué. Pas à pas, la vie reprend. »
Cette pause forcée vous a-t-elle permis de nourrir votre imagination en tant qu’artiste ?
« J’ai très peu lu, car j’aime lire quand je suis en tournée lorsqu’il y a beaucoup d’attente, dans le train par exemple. Et je ne me filme pas pour les réseaux sociaux, en train de chanter ou jouer du piano, parce que je ne trouve pas cela intéressant. L’écriture m’a sauvé la vie, ce n’est pas la première fois.
J’ai démarré l’écriture d’un livre romancé en vers. Voilà longtemps que je cherchais une forme appropriée pour développer mes histoires. Finalement, cette forme n’est pas celle du roman classique mais la mienne, en vers populaire qui ne pèsent rien. Je tiens à ce que mon langage soit parlé. Mon personnage s’exprime sur le ton de la conversation, il cause.Le confinement m’a donné ce temps mais le livre est encore tout maigre, je préfère ne pas en dire davantage. »
Stéphanie Ménastephanie.mena@centrefrance.com
Thomas Fersen à Yzeurespace,mercredi 18 novembre à 20h30.Tarifs de 8 à 26 €.Billetterie : 04.70.48.53.80.www.ville-yzeure.com