L'absence des tournois de mai, un manque à gagner pour les clubs amateurs du Cantal
Il n’y a pas que les championnats officiels qui ont disparu des calendriers du sport amateur, dans la foulée de l’épidémie de coronavirus. Le printemps, et spécialement le mois de mai, était traditionnellement un temps fort de l’année, avec nombre de tournois de jeunes. Des moments forts sur le plan sportif, social, et aussi précieux au niveau économique.
Un manque à gagner pour les petits clubs« Pour les clubs, fatalement, ça a un impact, note Roger Prat, président du District de foot. Au-delà du côté sportif qui n’est pas allé à son terme, de nombreux clubs faisaient des tournois qui leur permettaient de gagner quelques sous. Et pour le District aussi. On aura un déficit à la sortie. »
Le tournoi du 1er mai, par exemple, permettait de dégager « entre 5.000 et 6.000 euros ». « Ils manqueront. On a aussi quelques sponsors qui nous aident pour cette manifestation, et qui, fatalement, ne nous aideront pas ».Du côté du ballon ovale, c’est peu ou prou la même somme qui était engrangée dans le cadre du tournoi du 8 mai. Soit près de 10 % du budget total compris « entre 50.000 et 60.000 euros ».
Les tournoi organisés par le comité de rugby et celui du District de foot sont l'occasion de rassembler l'immense majorité des jeunes
« C’est quelque chose que l’on n’aura pas cette année », confirme Jean Bessières, président du comité départemental de rugby. D’autant que cela intervient après une édition 2019 tronquée pour cause de météo.
Important sur le plan sportif, mais aussi dans la vie localeSi « le comité n’est pas en péril parce qu’il a été bien géré », c’est un coup dur pour ce que représente cette manifestation, et d’autres, dans la vitalité des clubs. Le tournoi du 8 mai était l’occasion de rassembler « 90 % des effectifs », dans toutes les catégories d’âges des écoles de rugby du Cantal, plus Argentat et Bort-les-Orgues. Une manifestation annulée une seule fois depuis 1981.
Le tournoi du 8 mai est un moment sportif, festif et c’est aussi un vecteur de communication
Pour les clubs, l’obligation d’annuler les manifestations (cinq tournois au total, plus le tournoi de rugby à 5 inter-entreprises) est une épine dans le pied aussi pour le développement de la pratique. Et dans la vie locale, à l’image des 40 ans du RC Saint-Simon, ou la journée du souvenir de Mauriac, une manifestation qui dépasse le cadre du sport . Sur le plan sportif, ce coup de canif dans les calendriers pèse. Les tournois de jeunes permettent de gagner des licenciés.
Ces rendez-vous du printemps sont aussi l'occasion de développer la pratique et de gagner des licenciés, comme le tournoi inter-entreprises de rugby à toucher
Un flou « presque artistique »« Est-ce que les jeunes enfants vont venir ? On souhaite que ça ne change rien, mais on ne le sait pas », soulève Roger Prat. Comme pour d’autres aspects, c’est le flou « presque artistique », même si la FFF a acté des aides, comme une dotation de 10 euros par licencié. Le foot cantalien a été touché économiquement, et sportivement. À l’image de la relégation d’Aurillac contre laquelle peste Roger Prat. Et il a eu d’autres désagréments.
On devait avoir notre assemblée générale élective, le 14 juin. À ce jour, on n’a pas de nouvelle date, ni de directive pour savoir quand et avec combien de personnes l’organiser.
Le président du District, qui ne sollicite pas de nouveau mandat, se retrouve dans la même situation qu’en 2008, quand, maire de Saint-Mamet, il avait vu son mandat rallongé pour cause de report des municipales, normalement prévues en 2007. Une anecdote sur le plan personnel, mais qui prend une autre dimension, ici.« Ce qui risque de se passer, c’est qu’on fera l’AG élective en même temps que l’assemblée de l’automne. Et donc que l’ancienne équipe va commencer la saison et, un mois après, la nouvelle se mettra en place. Quelque part, ce n’est pas sain, mais on n’a pas d’autre solution. »
Jean-Paul Cohade