La réouverture des restaurants vue par les Toques d'Auvergne : « Le plaisir doit rester au cœur de notre métier »
« Nous sommes là pour faire plaisir aux gens. Le plaisir est au cœur de notre métier et il doit le rester », rappelle le chef de l’Auberge des Chênes à Augerolles et président de l'association Les Toques d'Auvergne. En ce jeudi pluvieux, c’est jour de réouverture au restaurant. Les coups de fil pleuvent aussi depuis quelques jours pour des demandes de réservation.
« C’est fou, on sent que les gens ont envie de nous parler. Les conversations durent, il y a un mélange de solidarité et de sympathie. C’est encourageant ». Jean-François Fafournoux en sourit : « Même si on fait ça depuis des années, cette reprise ressemble à une première . Un service complet et des clients ravis de renouer avec les plaisirs de la table... dans un restaurant.
Les Toques d'Auvergne ont 40 ans ! Quarante ans, ça se fête, mais cette année, les choses sont compliquées. Cet anniversaire doit faire l'objet d'un grand Toque Show prévu en septembre dans la forêt de Tronçais. Est-ce que cela sera possible ? Les Toques d’Auvergne réfléchissent à un report éventuel de cette grande fête de la gastronomie qui devrait réunir plus de 500 personnes.
« Pendant le confinement, parmi les Toques d’Auvergne, beaucoup de chefs ont proposé des plats à emporter. Certains au tout début, d’autres un mois plus tard. Tout le monde s’est adapté. Ça a très bien fonctionné et ça va se pérenniser », prédit le président de l’association.
Le succès des plats à emporterPour plusieurs raisons. Une partie de la clientèle, les personnes âgées en particulier, n’est pas encore prête à retrouver le chemin des restaurants. Ensuite, « il ne faut pas se leurrer, il y aura des problèmes économiques. Les plats à emporter sont une solution annexe intéressante, pour la rentrée et pour la fin d’année », avec un télétravail appelé à se prolonger dans pas mal d’entreprises.
Enfin, c’est une offre gastronomique nouvelle et séduisante : « Avant le confinement, peu de restaurateurs faisaient cela. Il y avait l’offre des traiteurs, qui est différente, et celle des pizzas ou des burgers ».
Il n’empêche, en ville comme à la campagne, la réouverture des restaurants était autant attendue par les chefs que par les clients : « Nous avons tous été très actifs sur nos sites et sur les réseaux sociaux. On a partagé des recettes, des ateliers… "
Redonner envie d'aller au restaurant"Aujourd’hui, les nouvelles règles sanitaires sont là. On en a beaucoup parlé, maintenant les clients les connaissent. Nous, on a vraiment envie de reparler de gastronomie. Et de donner envie aux gens de retourner au restaurant ".
Le leitmotiv est donc de regarder vers demain avec bel appétit, en mettant à profit les “leçons” du confinement. Une période pendant laquelle les Toques d’Auvergne ont continué de défendre leurs valeurs et « leurs » producteurs locaux, ceux-là même qu’ils ont fait découvrir à beaucoup lors de ces longues semaines où les circuits courts n’ont jamais été si courus.
Catherine Jutier