Les campings du Puy-de-Dôme dans l'attente d'un bel été
Qu’ils aient décidé de rouvrir dès cette semaine ou de patienter encore un peu, les campings privés du Puy-de-Dôme ne cachent pas leur impatience de voir enfin décoller leur saison. Ils ont nécessairement fait une croix sur les ponts de mai et profitent de ce mois de juin, traditionnellement plutôt calme, pour préparer sereinement l’accueil des estivaux.
Rassurer la clientèleEn attendant les touristes, les équipes sont sur le pont. La menace du virus plane encore et pas question de prendre le moindre risque. L’idée centrale reste de rassurer la clientèle pour lui assurer de belles vacances.
A la Ribeyre, les employés sont à l'oeuvre en attendant les touristes.
La profession pointe la lenteur de l'Etat« Le problème, c’est que nous sommes toujours en attente de validation du protocole sanitaire nous concernant, regrette Christian Pommier, président de la Fédération régionale de l’hôtellerie de plein air d’Auvergne. Ce n’est pas le seul retard de l’État. Celui-ci a surtout tardé à nous donner une date de réouverture. Nous avions besoin de visibilité pour nous organiser, pour embaucher du personnel ou faire rentrer des marchandises. Le plus incompréhensible c’est que tout le monde, les gîtes, les chambres d’hôtes ou les aires de camping-cars, a eu le droit de rouvrir quinze jours avant nous. La profession commençait à grincer des dents. Surtout que nous n’avons toujours pas eu d’explication et que les services de l’État n’avaient pas le même discours d’un département à l’autre. Bref, maintenant, la pression est un peu retombée et nous pouvons nous mettre au travail. »
Les rois du bricolageCelui qui gère également le camping de la Ribeyre, à Saint-Victor-la-Rivière, n’est pas impressionné par les adaptations à mettre en œuvre pour encore améliorer la sécurité sanitaire : « De toute façon, quand on possède un camping, l’une des principales qualités reste de savoir bricoler. Comme nos saisons sont courtes, nous sommes obligés de faire un maximum de travaux par nous-mêmes pour être rentables. Et puis les normes sanitaires ne nous font pas peur : nous devons faire partie des professions les plus contrôlées de France. »
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Derniers préparatifsChristian Pommier a rouvert comme la majorité de ses collègues. Mais les touristes ne sont pas encore là. La période est donc propice aux derniers ajustements. Même planning pour ceux dont les portes sont encore fermées, comme au Pré-Bas, sur les bords du lac Chambon : « Ce redémarrage en douceur nous permet de nous rôder, confie Sylvain Crégut, responsable des lieux. On a encore du boulot. Nous sommes en train d’installer le matériel que nous avons commandé : des distributeurs de gel hydroalcoolique dans les parties communes, un balisage au sol ou du Plexiglas pour l’accueil. Nous allons devoir mettre en place un sens de circulation. Et pour limiter l’utilisation des digicodes, nous allons interdire certains accès. »
Le personnel mesure l'espacement réglementaire entre deux tables.
Le virus demande quelques adaptationsCertains campings, notamment ceux appartenant à une grande chaîne, vont développer des services particuliers. Par exemple une application gratuite à télécharger pour diffuser le programme des animations ou diverses informations pratiques : comme ça, plus besoin de distribuer des brochures en papier. Les animations aussi vont sûrement devoir s’adapter pour privilégier des activités par petits groupes.
« Nous allons également augmenter les équipes de ménage de 50 %. Car il faudra en faire plus dans les sanitaires ou dans les lieux de passage et le nettoyage entre deux séjours sera plus poussé. »
Comme nombre de ses collègues, le gérant préfère en faire trop que pas assez. Il sait que la clientèle a besoin d’être rassurée après cet épisode anxiogène : « Si ça se trouve, nous serons débarrassés de ce virus avant l’été. En attendant, nous ne baissons pas la garde ! C’est un devoir pour nos clients comme pour nos personnels. »
De belles perspectives malgré toutCette saison restera forcément particulière suite à la crise sanitaire. Mais les campings de Puy-de-Dôme espèrent un bel été. Et un avenir encore plus beau !« Dans le département, la grande majorité de la cinquantaine de campings privés réalise 95 % de son chiffre d’affaires sur les ponts de mai et les vacances d’été, indique Christian Pommier, président de la FRHPA. Pour les ponts, c’est raté cette année. Mais si les touristes sont là en juillet et en août, comme cela s’annonce, nous devrions pouvoir limiter les dégâts ».
Un chiffre d'affaires amputéAu camping du Pré-Bas, Sylvain Crégut annonce même quelques chiffres : « Sans compter notre restaurant, qui risque de souffrir un peu plus, l’activité camping devrait afficher une baisse de 25 % du chiffre d’affaires. Pour essayer de compenser, nous allons tester une fermeture plus tardive, autour de la Toussaint. On verra bien ce que cela donnera. »
Actuellement, les réservations dans les campings du Sancy laissent présager d'un bel été
Les réservations ont bien reprisLes deux gérants constatent une belle reprise des réservations pour cet été. « Nous avons encore quelques annulations, notamment ceux qui ont un report de leurs congés, ceux qui ont peur de trop de restrictions ou des grands-parents qui voulaient venir avec leurs petits-enfants et qui préfèrent ne pas prendre de risque, remarque Sylvain Crégut. Mais heureusement, les réservations ont bien repris. »
Une carte à jouer dans le tourisme du monde d'après ?Surtout, les propriétaires d’hébergements de plein air estiment qu’ils ont une carte à jouer dans le tourisme du monde d’après : « Les vacanciers pourraient avoir moins envie d’un tourisme de masse en bord de mer, espère Christian Pommier. L’Auvergne, sa nature et ses grands espaces, a tout ce qu’il faut pour attirer et séduire une nouvelle clientèle. »
Fabrice Mina