La carte scolaire 2020-2021 dans l'Allier prévoit onze suppressions de postes : "On a perdu 2.000 écoliers en sept ans"
Le département de l'Allier va perdre "510 écoliers, dont 465 dans l'enseignement public" à la rentrée 2020-2021, annonce Suzel Prestaux, directrice académique des services de l'Éducation nationale (Dasen).
Avec les pertes engrangées "de 1.500 élèves depuis 6 ans dans le premier degré, et ce, sans retrait de poste", on arrive donc à "- 2.000 sur sept ans". 2.000 sur une population globale de 25.000 écoliers.
"Pas de fermeture d'école, sans avis favorable du maire en milieu rural"Sous entendu, à force, il fallait bien que le couperet tombe ! Et donc il tombe, avec "onze suppressions de poste prévues pour la rentrée". Mais la direction académique ne parle pas de couperet, ni de surprise : "Cela n'entame pas le taux d'encadrement ni la capacité à garantir un enseignant devant chaque classe", précise la Dasen.
Pour les détails, rendez-vous en avril : "Il est trop tôt pour dire quelles communes seront concernées. Tous les six ans, en période de municipales, la carte scolaire est construite après les élections. Et, ce qui ne change pas, c'est qu'il n'y aura pas de fermeture d'école, sans avis favorable du maire en milieu rural. Nous allons examiner avec attention toutes les situations".
"On n'est pas dans une situation très tendue"La directrice académique de l'Allier insiste : "On n'est pas dans une situation très tendue. L'action publique est garantie, notamment pour les niveaux clés, qui permettent les apprentissages fondamentaux. Le dédoublement des classes va se poursuivre en éducation prioritaire. Le CP et le CE1, c'est déjà fait. A la rentrée 2020, on va commencer le dédoublement progressif en grandes sections. Et partout ailleurs que dans l'enseignement prioritaire, qui n'est pas très répandu dans l'Allier, nous allons plafonner les effectifs à 24 par classe, avec une attention particulière aux grandes sections, au CP et au CE1. On a déjà un bon nombre de classes où c'est fait. Pour vous donner une idée, à la rentrée 2019-2020, on avait une vingtaine d'écoles au dessus de 24 en moyenne, sur 343 écoles".
Le nombre d'élèves par classe dans l'Allier est de "20,5", précise Suzel Prestaux.
Inclusion des enfants handicapésCôté inclusion des enfants handicapés, des choses bougent : "Les élèves en situation de handicap sont comptabilisés dans l'effectif. Ces élèves qui sont dans des dispositifs spécifiques appelés Ulis, qui existent toujours, sont comptabilisés en plus. Les Ulis ont vocation à développer l'inclusion en classes ordinaires. On comptera donc ces élèves dans les classes qui vont les accueillir".
Dans les collèges et les lycées, des effectifs stables, et une évolution des dotations dans les collèges
L'effectif global des collèges (12.800 élèves), des lycées généraux et technologiques (5.800) et des lycées professionnels (2.800) reste "stable".
Suzel Prestaux note "une évolution des dotations" pour les collèges : "Le financement des sections sportives et des classes bilangues ne font plus l'objet de dotations spécifiques. Ces heures sont intégrées dans la marge d'autonomie des établissements, comme c'est prévu dans les textes. Chaque classe est ainsi dotée de 26 heures d'enseignements obligatoires, plus 3 heures d'autonomie. L'Académie de Clermont-Ferrand a été invitée à être moins dispendieuse et à respecter le cadre. Tout le monde est prié de faire des économies, sans que cela n'entame les choix pédagogiques ".
Mise en place du chef-d'oeuvre en lycée professionnelDans les lycées généraux et technologiques, "la réforme du bac se poursuit au niveau de la Terminale. Au niveau Première cette année, les sept enseignements de spécialité les plus courants sont proposés dans chacun des établissements".
Pour les lycées professionnels, "une nouveauté, la mise en place du chef-d'oeuvre, en Première et Terminale. Chaque élève va travailler sur un projet présenté au bac. C'est une dynamique pédagogique très intéressante, qui créé un lien entre différentes disciplines". La soutenance des premiers chefs-d'oeuvre interviendra en juin 2022.
Mathilde Duchatelle