Six mois de prison pour l'homme qui avait incendié volontairement son logement à Ainay-le-Château (Allier)
Un homme de 58 ans a été présenté devant le tribunal de correctionnel de Montluçon ce mercredi, dans le cadre d'un renvoi de comparution immédiate dû à la grève des avocats.
Un prévenu peu loquaceCet habitant d'Ainay-le-Château était poursuivi pour avoir incendié volontairement et à deux reprises, les 8 et le 11 janvier, le logement social qu'il occupait. Au cours de l'audience il a eu beaucoup de mal à expliquer ces actes d'autant qu'il ne reconnaît pas les faits du 11 janvier.
C’est possible que ce soit moi mais ça ne serait pas volontaire.
L’éventualité d’une cigarette oubliée n’a cependant pas convaincu la présidente et ses assesseurs. Les conclusions des enquêtes de gendarmerie ont en effet laissé voir sept départs différents sur les deux journées.
Un homme alcoolisé et agité au moment des faitsL’attitude du prévenu au moment des faits n’a pas plaidé en sa faveur. Il était à chaque fois alcoolisé et agité.
Le 8 janvier il a même tenté de retourner à plusieurs reprises dans son appartement qui brûlait alors qu'un pompier l'avait secouru.
Ce dernier l'a également vu tenter d'allumer un feu alors que lui et ses collègues éteignaient les autres foyers.
Séparé de sa compagne depuis le 11 décembreSéparé de sa compagne et de leurs trois enfants depuis le 11 décembre à cause de ses problèmes d'alcool, le quinquagénaire s’était justifié en évoquant son « envie d’en finir » lors de sa garde à vue.
A l'audience, il est revenu sur cette version et déclaré souffrir de la « mémoire» et ne pas se souvenir des faits.
Les plaidoiries et les réquisitionsMaître Thierry Gesset, avocat de la partie civile - l’office HLM Allier Habitat, propriétaire du logement - a demandé un renvoi sur intérêts civils pour qu’il puisse chiffrer le montant du préjudice.
La procureure a mis en avant l’extrême dangerosité de ces incendies, le logement se trouvant dans un lotissement. Elle a aussi souligné le risque de récidive du prévenu. Elle a ainsi requis 12 mois de prison avec un suivi socio-judiciaire de 3 ans.
Maître Douet, le conseil du prévenu, a plaidé pour une peine plus courte qu'un ans mais assorti d’une mise à l’épreuve, qu'il estime plus adaptée à la situation du prévenu.
Le jugementLe tribunal a condamné l’homme à six mois de prison avec maintien en détention. Il devra se soumettre un suivi socio-judiciaire de trois ans avec une obligation de travail et de réparer les dégâts. L'audience sur intérêts civils aura lieu mardi 19 mai.
Florence Farina